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Un ministre ougandais gagne un procès intenté par des militants gays

24/06/2014 08:50 EDT | Actualisé 24/08/2014 05:12 EDT

Un ministre ougandais a gagné un procès intenté par des défenseurs de la cause homosexuelle en Ouganda, où une loi réprimant l'homosexualité continue de soulever la controverse, ont annoncé mardi des militants.

Le ministre de l'Ethique et de l'Intégrité, Simon Lokodo, était poursuivi par des militants qui lui reprochaient de les avoir fait expulser en février 2012 d'un hôtel où ils s'étaient réunis pour un atelier de travail.

"Nous avons perdu sur tous les plans", a déclaré à l'AFP l'une des plaignantes, Jacqueline Kasha, célèbre militante de la cause homosexuelle en Ouganda, en commentant le verdict prononcé lundi.

Le ministre, accompagné par la police, avait fait irruption dans un hôtel d'Entebbe, en périphérie de Kampala, où des militants de la cause LGBT (lesbiennes, gays, bi, transgenres) étaient réunis. Il avait affirmé que la réunion était illégale et leur avait ordonné de quitter les lieux, menaçant d'utiliser la force.

M. Lokodo avait dit avoir agi en sa qualité de "conscience de ce pays".

Dans son jugement, indique mardi le Daily Monitor, le tribunal estime que le ministre a agi dans l'intérêt public pour protéger les valeurs morales de la société.

A l'époque, Amnesty International avait vu dans cette expulsion "une tentative scandaleuse d'empêcher des activités légales et pacifiques de défenseurs des droits de l'homme".

Ce jugement intervient alors qu'une nouvelle loi durcissant la répression de l'homosexualité en Ouganda - où les relations homosexuelles étaient déjà passibles de la prison à vie - suscite toujours la polémique.

Promulguée en février par le président Yoweri Museveni, cette loi réprime la "promotion de l'homosexualité" et oblige à dénoncer les homosexuels.

Selon des ONG, ce texte a entraîné une multiplication des violences contre la communauté LGBT du pays.

Pour protester contre cette législation qu'ils jugent "infâme", les Etats-Unis ont annoncé la semaine dernière des sanctions, notamment le gel de certaines aides et des interdictions de visas pour des responsables ougandais "impliqués dans de graves violations des droits de l'homme", notamment contre les homosexuels.

Le ministre de l'Ethique, qui a aussi obtenu le remboursement des frais de justice, a salué un verdict "merveilleux" et remercié le juge "d'avoir été attentif aux valeurs qui sont les plus positives pour le public", selon le quotidien Daily Monitor.

La population ougandaise est majoritairement favorable à la nouvelle législation et l'opposition accuse le président Museveni, au pouvoir depuis 1986, de l'avoir promulguée en vue de la présidentielle de 2016.

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