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Tuerie de Bruxelles: Nemmouche remis à la Belgique? La justice tranche jeudi

24/06/2014 07:17 EDT | Actualisé 24/08/2014 05:12 EDT

Le Franco-Algérien Mehdi Nemmouche, délinquant attiré par l'islam radical et soupçonné d'avoir tué quatre personnes fin mai au Musée juif de Bruxelles, saura jeudi si la justice française le remet aux autorités belges, alors qu'il craint d'être extradé par ce pays vers Israël.

Mehdi Nemmouche, 29 ans, est sous le coup d'un mandat d'arrêt européen émis le 31 mai par la Belgique. Il est suspecté d'avoir ouvert le feu le 24 mai au Musée juif de Bruxelles, touchant mortellement deux personnes de nationalité israélienne, une retraitée française et un employé belge, décédé ultérieurement.

"Je ne m'opposerai pas à une remise" aux autorités belges "si la Belgique me certifie qu'elle ne m'extradera pas vers un pays tiers", avait déclaré Mehdi Nemmouche, lors de son audience le 12 juin sous étroite surveillance policière à la cour d'appel de Versailles, près de Paris.

Son avocat, Me Apolin Pepiezep, avait quant à lui évoqué "un risque de transfert" de la Belgique vers un autre pays, faisant allusion à la présence de deux ressortissants israéliens parmi les victimes.

M. Nemmouche "doit être jugé en France ou en Belgique, mais pas ailleurs", a répété mardi à l'AFP Me Pepiezep.

L'avocate générale avait demandé que le tueur présumé, actuellement en détention provisoire, soit transféré en Belgique pour y être jugé, soulignant que "la compétence naturelle liée aux lieux des faits devait être privilégiée".

- Un pourvoi possible -

Si la justice française décide jeudi de la remise de M. Nemmouche à la Belgique, l'avocat a la possibilité de former un pourvoi en cassation dans les trois jours suivant la décision, ce qui retarderait encore son départ. La haute juridiction aurait alors 40 jours pour statuer.

M. Nemmouche va-t-il essayer de jouer la montre? "Nous attendons la décision et nous réfléchirons", a déclaré mardi l'avocat. Récemment, il n'avait pas exclu ce pourvoi, se disant prêt aussi à aller jusqu'à la cour européenne des droits de l'Homme.

En l'absence de recours, la remise de Mehdi Nemmouche devrait intervenir rapidement, le temps d'organiser son transfèrement vers la Belgique.

Ce ne serait pas une extradition au sens juridique du terme: elle relève d'un mandat d'arrêt européen qui permet depuis 2002 à des Etats membres de remettre leurs nationaux à leurs partenaires de l'UE.

Mehdi Nemmouche, cheveux ras bruns et yeux noirs, taille moyenne et allure athlétique, avait été arrêté le 30 mai à Marseille, dans un autocar arrivant de Bruxelles. Des armes similaires à celles de la tuerie - un revolver et un fusil d'assaut - ainsi qu'une caméra portative, avaient été retrouvés dans ses bagages.

Lors de sa garde à vue, d'une durée exceptionnelle de cinq jours, ce délinquant multirécidiviste était resté muet sur les faits qui lui sont reprochés.

Avant de rejoindre les rangs d'un groupe jihadiste en Syrie, fin 2012 au sortir de cinq années de prison, il avait été condamné à sept reprises en France, notamment pour braquage.

En France, les enquêteurs tentent toujours de déterminer si, une fois à Marseille, il entendait retrouver une connaissance dans le Sud, fuir en Algérie, ou, comme l'a envisagé le ministre de l'Intérieur, frapper à nouveau.

Du côté belge, ils vont notamment se pencher sur les relations de Nemmouche dans ce pays qui, comme la France, est confronté au développement de filières de recrutement jihadiste.

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