NOUVELLES

Sénégal: un rappeur ayant dénoncé le racket de policiers relaxé

24/06/2014 12:04 EDT | Actualisé 24/08/2014 05:12 EDT

La justice sénégalaise a relaxé mardi le rappeur sénégalais engagé Malal Talla, "Fou Malade" de son nom de scène, jugé pour avoir dénoncé des pratiques de racket au sein de la police, a indiqué à l'AFP un de ses avocats, Me Mame Adama Guèye.

M. Talla "a été relaxé" par le tribunal des flagrants délits de Dakar, devant lequel il a comparu lundi, le juge "a suivi notre plaidoirie et rejeté le réquisitoire du procureur de la République" qui avait réclamé six mois de prison ferme, a dit Me Guèye.

La défense avait réclamé "la relaxe pure et simple" de l'artiste, estimant qu'"il n'y a pas de délit".

Malal Talla, membre fondateur du groupe de rap Bat'Haillons Blin-D, avait été arrêté le 19 juin et placé en garde à vue après avoir, lors d'une cérémonie publique, dénoncé des pratiques de racket au sein de la police. Le lendemain, il a été inculpé d'"outrage à agents de la force publique dans l'exercice de leurs fonctions" et incarcéré.

Le rappeur, connu également pour son engagement pour la bonne gouvernance et pour l'amélioration des conditions carcérales, est un des responsables de Y en a marre, mouvement ayant été en pointe du combat contre un troisième mandat du président Abdoulaye Wade après 12 ans de pouvoir (2000-2012).

Les propos qui lui sont reprochés ont été tenus lors d'une cérémonie organisée pendant la semaine nationale de lutte contre la drogue, en présence du ministre de l'Intérieur et de la patronne de la police.

L'arrestation de Malal Talla a suscité des protestations dans plusieurs milieux au Sénégal et sur les réseaux sociaux, où les appels à la libération se sont multipliés avec pour hashtags #FreeFouMalade et #LibérezFouMalade.

"Emprisonner Fou Malade, c'est asséner un coup fatal à la liberté d'expression et étouffer la vérité", a estimé @doudou_ngom sur Twitter tandis que pour @tidianeouestaf, "Malal a peut-être tort d'accuser toute la police, ce n'est pas une raison de l'arrêter".

Dimanche, la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'Homme (Raddho), la Ligue sénégalaise des droits humains (LSDH) et la section sénégalaise d'Amnesty International avaient regretté "la judiciarisation de l'affaire Malal Talla", alors que les propos du rappeur, "tenus dans le cadre d'un débat public", auraient pu être contredits sur place.

cs/stb/sd

PLUS:hp