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Mode homme à Milan: du fluo arty au chic intemporel, ça c'est Milan!

24/06/2014 11:14 EDT | Actualisé 24/08/2014 05:12 EDT

Au dernier jour des défilés milanais des collections de prêt-à-porter masculin pour l'été 2015, la quintessence de l'esprit de Milan était au rendez-vous mardi: de l'inventivité pop chez DSquared2 à l'intemporel chic de Giorgio Armani, en passant par l'extravagant Roberto Cavalli.

DSquared2: Après nous avoir fait entrer dans un pénitencier en janvier dernier, les jumeaux canadiens Dean et Dan Caten nous ont fait entrer cette fois-ci dans un atelier de peintre dans un loft new yorkais époque Pop Art, inspirés par Andy Wharol et sa Factory. La sono crache un remix du tube de Lou Reed "Walk on the wild side" et les mannequins, dont les blousons sont ornés de chats ou de singes stylisés ou de taches de peinture, marchent hardiment vers le succès, pantalon en coton ou jean à mi-mollet et grosses tennis à semelles compensées aux pieds. Les couleurs claquent - du rose girly, du jaune bouton d'or, du vert anglais et du blanc -, les blousons sont courts, en nylon et très années 80 (pin's au revers compris), et les shorts et maillots de bain mettent en valeur musculature et bronzage. Selon leurs créateurs, ces artistes en herbe voient leurs "idées ricocher des cadres sur des toiles en soie, des murs sur leurs vêtements", d'où des imprimés proches de l'univers de Keith Haring. Bref, de la pop, du pep's, de la testostérone: un bel été en perspective!

Giorgio Armani: Rien d'aussi sexy chez Armani mais du chic, de la classe, du classique intemporel, de belles matières et des mannequins enfin post-pubères. Pas étonnant que la collection s'intitule "échos d'Armani": elle reprend tous les basiques de la marque en les vivifiant. Mais ces "échos", ce sont également toutes ces copies, ces petites soeurs, ces petites graines que le créateur milanais a fait fleurir dans le monde depuis 40 ans - il fêtera ses 80 ans dans moins d'un mois -, à tel point que son style est devenu une sorte de nom commun: "tiens, on dirait du Armani". Pantalons larges à pinces, à grandes poches et en lin qui tendent vers le sarouel, beaucoup de bleu, de beige et de gris, des cardigans confortables à larges rayures, des chemises en soie à rayures verticales qui s'ouvrent sur la poitrine... Aux pieds, des sandales ou des derbies, à la main, de larges chapeaux et sur le nez, de petites lunettes fines d'intellectuel qui aurait fait un peu de "muscu".

Roberto Cavalli: Imprimés python ou léopard, pantalons ayant l'air d'avoir été taillés dans la jungle, débardeurs pailletés, colliers tribaux et foulards au cou, des étoles multicolores servant de ceintures... L'univers de Roberto Cavalli est, on le savait, dans l'extravagance et le "trop", mais cette fois-ci, il faut l'avouer, les tenues présentées avaient une cohérence dans la recherche d'une certaine discrétion - les mannequins se cachant tous derrière des lunettes de soleil d'aviateur -, dans un exotisme qui se voulait cadré. D'où pas mal de blanc et des coupes nettes, et une collection bien accueillie, notamment par les musiciens du groupe rock Aerosmith, le chanteur Steven Tyler et le guitariste John Terry, présents au défilé avant de se produire sur scène à Milan jeudi.

Les collections masculines se poursuivent à Paris, dès mercredi, avec une cinquantaine de défilés pendant cinq jours aux quatre coins de la capitale française.

Puis, pour la première fois, le monde de la mode fera une pause de quelques jours, au lieu d'enchaîner avec la haute couture, du 6 au 10 juillet.

lrb/gg

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