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Manifestation de soutien à Londres pour les journalistes d'Al-Jazeera

24/06/2014 08:08 EDT | Actualisé 24/08/2014 05:12 EDT

Quelques centaines d'employés de la BBC et d'autres medias internationaux se sont réunis mardi matin à Londres pour observer une minute de silence en soutien avec les trois journalistes d'Al-Jazeera condamnés en Egypte à des peines de sept à dix ans de prison.

La bouche recouverte de scotch noir, les manifestants se sont tus pendant une minute pour protester contre la condamnation par un tribunal égyptien de trois journalistes d'Al-Jazeera, dont l'Australien Peter Greste, accusés de soutien aux islamistes.

"Le verdict est injuste, l'affaire est sans fondement", s'est exclamé le directeur de BBC News James Harding. "Les autorités égyptiennes ne volent pas seulement la liberté de trois hommes innocents, elles intimident les journalistes et inhibent la liberté d'expression."

John Sweeney, reporter pour l'émission de reportage de BBC "Panorama", a affirmé à l'AFP que le seul crime de ces trois journalistes est d'avoir fait leur travail. Mais "le journalisme n'est pas un crime", "ils ont tort", a-t-il martelé trois fois avant d'ajouter que l'"Egypte est en train de régresser vers le Moyen-Age".

Après cinq mois de détention, la condamnation de Peter Greste, l'Egypto-canadien Mohamed Fadel Fahmy et l'Egyptien Baher Mohamed, a provoqué un tollé international.

"Soyons honnêtes, même dans nos pires craintes lorsque Peter et son équipe ont été arrêtés au moment de Noël, nous ne pensions pas que nous en serions là aujourd'hui, nous ne pensions pas que notre équipe recevrait ces lourdes peines d'emprisonnement", a déclaré Barnaby Phillips, journaliste d'Al-Jazeera, à la BBC.

"Nous ne renoncerons pas, nous pensons qu'aucun gouvernement n'est imperméable à une condamnation internationale, journalistique mais aussi diplomatique", a-t-il affirmé.

Au total, 20 personnes sont accusées dans cette affaire judiciaire, dont 11 ont été jugées par contumace. Les accusés peuvent maintenant se pourvoir en cassation. Le dernier des recours, si tous les autres sont épuisés, serait de demander une grâce présidentielle.

Les Etats-Unis et l'Australie ont d'ores et déjà demandé à ce qu'elle soit accordée, tandis que les Pays-Bas et le Royaume-Uni ont convoqué lundi les ambassadeurs d'Egypte.

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi ne s'est pas spécifiquement exprimé sur la question de la grâce présidentielle mais il a fait part mardi de son refus d'intervenir : "nous ne nous ingérerons pas dans les affaires judiciaires", "même si d'autres ne les comprennent pas".

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