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Le journaliste canadien Mohamed Fahmy condamné à 7 ans de prison en Égypte

23/06/2014 05:12 EDT | Actualisé 24/08/2014 05:12 EDT
CP

OTTAWA - Le journaliste canado-égyptien Mohamed Fahmy et ses deux collègues emprisonnés au Caire depuis six mois pour des accusations de terrorisme ont tous été condamnés, lundi, par un tribunal égyptien.

Les trois hommes ont été reconnus coupables d'avoir soutenu les Frères musulmans.

M. Fahmy et son collègue australien Peter Greste écopent de sept ans de prison, tandis que leur collègue égyptien aussi à l'emploi du réseau Al-Jazira, Baher Mohamed, se voit imposer une peine de 10 ans.

Arrêtés le 29 décembre, les trois journalistes ont été accusés d'offrir une plateforme aux Frères musulmans, le parti de l'ancien président déchu Mohamed Morsi, considéré comme une organisation terroriste par le gouvernement égyptien.

On les a accusés d'avoir diffusé de fausses images pour porter atteinte à la sécurité nationale en Égypte.

Les journalistes ont toujours répété qu'ils ne faisaient que leur travail.

«Ils vont payer pour ça. Ils vont payer pour ça», a crié, en anglais, M. Fahmy lorsque le juge a annoncé le verdict, provoquant un chahut.

La mère du journaliste canadien s'est effondrée en larmes alors que son frère annonçait qu'ils iraient en appel, sans trop y croire. «Tout est corrompu», a laissé tomber Adel Fahmy.

L'ambassadeur canadien, présent au procès, mesurait ses paroles.

«Nous sommes très déçus, a convenu David Drake. Nous digérons tout ça... Nous devons avoir confiance dans le système judiciaire. Nous ne comprenons pas ce verdict-ci.»

Ces condamnations, ainsi que celles de deux journalistes britanniques et d'une néerlandaise jugés par contumace, ont soulevé un tollé, à travers le monde.

Pendant que les médias sociaux s'enflammaient, la journaliste néerlandaise Rena Netjes qualifiant sa condamnation de «farce» sur le fil Twitter, les diplomates ont multiplié les dénonciations du verdict.

Les ambassadeurs égyptiens à La Haye et à Londres ont été convoqués par les ministres néerlandais et britannique des Affaires étrangères.

En Australie, la ministre des Affaires étrangères, Julie Bishop, a tenu un point de presse, soulignant que son gouvernement est «choqué» et «ne comprend tout simplement pas» ce verdict, compte tenu des preuves présentées.

«Nous craignons que ce verdict ne soit qu'un exemple d'un effort plus large à museler la liberté de presse», s'est inquiétée la ministre australienne.

À Ottawa, la ministre d'État Lynne Yelich a souligné, dans une déclaration écrite, la déception du Canada.

«Le Canada (...) est préoccupé par le fait que le processus juridique ayant mené à ce verdict est incompatible avec les aspirations démocratiques de l'Égypte», a écrit Mme Yelich.

«Le Canada exhorte le gouvernement de l'Égypte à protéger les droits de tous les individus, y compris les journalistes», a-t-elle insisté.

La ministre d'État assure qu'elle et son collègue aux Affaires étrangères, John Baird, continueront de discuter du cas de M. Fahmy avec les autorités égyptiennes.

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