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Journalistes jugés en Égypte: le président el-Sissi n'interviendra pas

24/06/2014 05:27 EDT | Actualisé 24/08/2014 05:12 EDT
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Egyptian Defense Minister and Military Chief General Abdel Fattah al-Sisi attends the funeral of Giza security chief Nabil Farrag in the district of Giza, on the outskirts of Cairo, on September 20, 2013. Farrag was killed when Egyptian security forces stormed Kerdassah in the latest crackdown on Islamist militants, security officials said. AFP PHOTO/MOHAMED EL-SHAHED (Photo credit should read MOHAMED EL-SHAHED/AFP/Getty Images)

OTTAWA - Forcer la main de l'Égypte n'aidera pas la cause du journaliste canado-égyptien Mohamed Fahmy, condamné lundi à sept ans de prison, a affirmé le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, écartant les critiques voulant que son gouvernement n'ait pas réagi convenablement dans ce dossier.

Le Canada examine les avenues judiciaires pour réussir à faire libérer M. Fahmy, a dit le ministre en entrevue à la radio CFRA d'Ottawa.

Les accusations de soutien au terrorisme et aux Frères musulmans qui pesaient sur M. Fahmy et ses collègues, l'Australien Peter Greste et l'Égyptien Baher Mohamed, ont été largement décriées et qualifiées de bidon.

Mohamed Fahmy et son collègue australien Peter Greste ont écopé de sept ans de prison, tandis que leur collègue égyptien Baher Mohamed a essuyé une peine de 10 ans de détention. Ces peines ont déclenché des protestations à l'échelle internationale, mais des détracteurs ont affirmé que le gouvernement Harper se faisait trop discret dans ce dossier.

La famille de M. Fahmy, le Nouveau Parti démocratique (NPD) et l'organisme Journalistes canadiens pour la liberté d'expression (CJFE) ont exhorté le premier ministre Stephen Harper à appeler personnellement le président égyptien, Abdel-Fattah el-Sissi.

Mardi, M. el-Sissi, a indiqué qu'il n'entendait pas intervenir dans la décision judiciaire de lundi et que la communauté internationale devrait cesser de critiquer les tribunaux égyptiens.

De son côté, le premier ministre de l'Australie, Tony Abbott, a téléphoné M. el-Sissi pour clamer l'innocence de M. Greste, et l'homologue de M. Baird, Julia Bishop, a affirmé être estomaquée par la sévérité de la peine.

«Je signalerai que l'Australien n'a pas non plus été libéré», a fait valoir M. Baird, mardi, durant l'entrevue.

John Baird a également défendu la ministre d'État aux Affaires étrangères et consulaires du Canada, Lynne Yelich, qui a envoyé un communiqué de presse, lundi, dans lequel elle disait simplement être déçue du verdict et du processus judiciaire qui était «incompatible avec les aspirations démocratiques de l’Égypte».

M. Baird a plaidé qu'il avait rencontré son homologue égyptien il y a deux mois.

«Lorsque j'ai rencontré le ministre égyptien des Affaires étrangères, j'ai eu une longue discussion sur ce dossier. (L'Égypte) ne peut accorder un pardon présidentiel à moins qu'il y ait un verdict et jusqu'à ce que les audiences d'appel soient terminés. Donc, de toute évidence, nous allons rester attentifs», a-t-il expliqué.

Il a également confirmé que lui et son sous-ministre avaient appelé l'ambassadeur de l'Égypte et déposé une plainte diplomatique formelle.

Il a expliqué que le cas de Mohamed Fahmy est complexe parce que le journaliste possède deux nationalités, égyptienne et canadienne, et parce que son employeur, Al-Jazira, est financé par le Qatar, qui finance aussi les Frères musulmans, ce qui ajoute «une dimension différente» à l'affaire.

«Je ne pense pas que quiconque croit qu'il (M. Fahmy) soit de mèche avec les Frères musulmans, mais le gouvernement du Qatar avait un lien étroit», a affirmé M. Baird.

Les trois employés du réseau de télévision Al-Jazira, qui ont été arrêtés en décembre dernier, ont été reconnus coupables de soutien aux Frères musulmans en diffusant de «fausses images» pour porter atteinte à la sécurité nationale en Égypte, mais les journalistes ont toujours répété qu'ils ne faisaient que leur travail.

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