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GB/procès des écoutes: sept mois d'audience, cinq temps forts

24/06/2014 08:30 EDT | Actualisé 24/08/2014 05:12 EDT

Ex-reine des tabloïds, Rebekah Brooks a été blanchie alors qu'Andy Coulson, qui lui avait succédé en tant que rédacteur en chef du News of the World, a été reconnu coupable d'écoutes illégales en conclusion d'un procès de plus de sept mois dont voici les cinq temps forts.

Les accusés étaient amants

Très attendu, le procès commence fin octobre sur un coup de tonnerre lorsque le procureur Andrew Edis révèle que les deux principaux accusés, Rebekah Brooks et Andy Coulson, ont eu une liaison, parfois extra-conjugale, sur une période de six ans. La presse britannique raffole du scandale. Pour le procureur, la révélation permet surtout d'étayer l'accusation de conspiration qui pèse sur les deux amants. "Elle savait, il devait savoir, et vice-versa", martèle-t-il. Une affirmation que Brooks et Coulson ont toujours niée. Et ce même si un ancien reporter du journal a expliqué que les écoutes étaient tellement répandues dans la rédaction que même "les chats du bureau" étaient au courant.

Kate Middleton et les cacahouètes de la reine

Le procès a ensuite exposé pendant plusieurs mois le détail des écoutes réalisées aux dépens de plus de 600 victimes, livrant leur lot d'informations croustillantes. On a ainsi appris que la boîte vocale de Kate Middleton a été piratée 155 fois. Que Sienna Miller a dit "je t'aime" au futur James Bond, Daniel Craig, alors qu'elle était encore avec Jude Law. Que le prince William s'est fait tirer dessus (avec des balles à blanc). Que la reine Elizabeth II n'en peut plus des policiers qui se servent dans les bols de cacahuètes à Buckingham. Qu'une certaine Laura Rooney a été mise sur écoute uniquement parce qu'elle partage le nom de famille (mais aucun lien) avec le footballeur Wayne Rooney. Et que le téléphone de Rebekah Brooks a également été piraté.

5.000 euros en liquide pour une photo du prince William en bikini

Rebekah Brooks et Andy Coulson étaient également poursuivis pour corruption d'agents publics. Andy Coulson et l'ancien correspondant royal du NotW, Clive Goodman, déjà condamné en 2007 dans cette affaire, était accusés d'avoir payé pour se procurer le fameux "livre vert" qui contient les coordonnées des employés du Palais royal. Rebekah Brooks, elle, était accusée dans une affaire de paiement de près de 100.000 livres à une employée du ministère de la Défense. Et d'avoir validé le versement de 5.000 euros pour une photo du prince William en bikini. Elle a reconnu avoir rétribué des fonctionnaires pour obtenir des informations dans "une demi-douzaine" de cas, justifiés par "un énorme intérêt public". Mais cela "fait partie du business" et "n'a rien de criminel", a-t-elle dit.

Dissimulation de preuves et de films porno

Outre les écoutes illégales et la corruption de fonctionnaires, Rebekah Brooks était enfin poursuivie pour entrave à la justice, en compagnie de trois autres personnes, son ancienne assistante Cheryl Carter, le chef de la sécurité de News International, Mark Hanna, et son mari, Charlie Brooks. On leur a reproché d'avoir voulu dissimuler des preuves en détruisant des documents et en cachant notamment un ordinateur derrière les poubelles de la maison. Le procès s'est avéré plutôt embarrassant pour Charlie Brooks lorsqu'on a appris que la police était tombé à l'occasion sur sa "collection assez imposante" de films porno.

Le verdict au bout d'un marathon judiciaire

Le 11 juin, les onze jurés, mobilisés pendant plus de sept mois, se sont retirés pour délibérer, après 130 jours d'audiences. Brooks et Coulson ont nié jusqu'au bout leur implication dans ces écoutes, pratiquées entre 2000 et 2006, qui ont motivé la fermeture du News of the World en 2011. Les jurés ont délibéré pendant huit jours avant de rendre leur verdict.

jk/dh/bir

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