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Washington toujours pas prêt à s'engager en faveur de l'interdiction des mines antipersonnel

23/06/2014 09:55 EDT | Actualisé 23/08/2014 05:12 EDT

Les Etats-Unis, seul membre de l'Otan non signataire de la convention d'Ottawa, ne sont toujours pas prêts à signer ce texte sur l'interdiction des mines antipersonnel en vigueur depuis 1999, a-t-on appris lundi en marge d'une conférence internationale à Maputo.

Il y a environ cinq ans, Washington avait indiqué vouloir réexaminer sa position.

Interrogé par l'AFP pour savoir si un changement pourrait être annoncé lors de la 3ème conférence d'examen à Maputo, un représentant du Département d'Etat, présent à titre d'observateur à Maputo, Steve Costner, a répondu par la négative. "Non, le processus de réexamen est en cours", a-t-il déclaré.

Quinze ans après l'entrée en vigueur de la Convention, le nombre de victimes (morts ou blessés) causées par les mines antipersonnel a été divisé par cinq, avait indiqué début 2014 l'ONG Handicap International, et 70 millions de mines ont été détruites par les 161 Etats ayant ratifié le traité.

"Le commerce de mines antipersonnel a été réduit à pratiquement zéro", a aussi précisé Nicole Hogg, conseillère pour la Croix-Rouge Internationale (CICR) et présente à Maputo.

"Le stigmate est désormais trop fort. Quand des mines sont utilisées, c'est soit via un trafic illégal, ou bien là où des stocks refont surface et que des armes circulent", a-t-elle ajouté.

Les trois superpuissances que sont les Etats-Unis, la Russie et la Chine, de même que l'Inde et le Pakistan, refusent cependant toujours d'adhérer au traité d'Ottawa qui interdit le recours, le stockage et la production de mines antipersonnel.

Les Etats-Unis, qui ne produisent plus de mines, les ont utilisées pour la dernière fois pendant la guerre du Golfe en 1991.

Le Mozambique fait partie des pays ayant payé un très lourd tribut à l'usage des mines antipersonnel.

En 1992, à la fin d'une guerre civile de seize ans, l'ONU avait estimé qu'environ deux millions de mines antipersonnel y étaient disséminées. A la date d'aujourd'hui, le déminage n'est toujours pas achevé et certaines zones sont toujours dangereusement infestées.

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