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Partie de poker à la tête des institutions européennes

23/06/2014 09:41 EDT | Actualisé 23/08/2014 05:12 EDT

L'Union européenne est engagée dans une partie de poker pour le renouvellement des principales figures de l'Union européenne, déterminée par le résultat des élections européennes et un subtil jeu d'équilibres, notamment politiques.

Les postes les plus importants sont ceux de présidents de la Commission, du Conseil, du Parlement européen et de la zone euro, et de chef de la diplomatie.

PRÉSIDENT DE LA COMMISSION

L'ancien Premier ministre conservateur portugais José Manuel Barroso a occupé le poste pendant deux mandats, soit dix ans au total.

En vertu du traité de Lisbonne, les chefs d'Etat et de gouvernement doivent choisir son successeur en tenant compte des résultats des élections européennes, pour tenter de mettre plus de démocratie et de transparence dans un processus jusque là très opaque.

Les principaux partis politiques européens ont présenté des candidats. Les conservateurs du PPE emmenés par l'ancien Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker sont arrivés en tête, devant les socialistes conduits par l'Allemand Martin Schulz.

La désignation de M. Juncker semble assurée, malgré l'opposition frontale du Britannique David Cameron.

PRÉSIDENT DU CONSEIL

Depuis 2009, le Conseil européen, qui représente les Etats, dispose d'un président permanent nommé pour deux ans et demi renouvelables. Le premier titulaire du poste a été l'ancien Premier ministre belge Herman Van Rompuy.

Peu connu lors de sa nomination en 2009 au détriment de l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair, il s'est imposé par sa hauteur de vue et son sens du compromis.

Les chefs d'Etat et de gouvernement vont désigner son successeur dans le cadre d'une série de mesures qui doivent tenir compte des équilibres droite-gauche, mais aussi Nord-Sud-Est-Ouest et homme-femme.

Les sociaux-démocrates revendiquent le poste. La favorite est la Première ministre danoise Helle Thorning-Schmidt. Mais les noms des anciens chefs de gouvernement italien Enrico Letta et français Jean-Marc Ayrault circulent aussi.

CHEF DE LA DIPLOMATIE

Le poste de "Haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères" a quant à lui aussi été instauré par le traité de Lisbonne. La première titulaire a été la Britannique Catherine Ashton, choisie à la surprise générale après l'échec de Tony Blair pour la présidence du Conseil.

Critiquée pendant des années pour son manque d'expérience et de visibilité, elle a réussi sa sortie avec son rôle de premier plan dans les négociations sur le nucléaire iranien, mais aussi entre la Serbie et le Kosovo, puis la crise en Ukraine.

Pour lui succéder, le nom le plus souvent cité est celui du ministre polonais des Affaires étrangères, Radoslaw Sikorski. Mais il pourrait être handicapé par la crise en Ukraine et sa franche hostilité à l'égard de la Russie. Le nom de son homologue néerlandais, Frank Timmermans, est aussi cité.

PRÉSIDENT DU PARLEMENT

Les deux principaux groupes, les conservateurs du PPE et les socialistes, se sont partagés le poste dans le Parlement sortant. Après le chrétien-démocrate polonais Jerzy Buzek, le social-démocrate allemand Martin Schulz a occupé le perchoir pendant deux ans et demi.

Le prochain président n'aura pas la tâche facile à la tête d'un Parlement encore plus fragmenté, avec la forte poussée des eurosceptiques.

L'Allemagne soutient M. Schulz, pour lui trouver un poste à sa mesure tout en le tenant à l'écart de la Commission. Le mandat devrait de nouveau être partagé avec un conservateur ou un libéral, ce qui permettrait d'élargir la majorité europhile. Le poste reviendrait alors à l'ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt, ce qui constituerait une consécration pour ce fédéraliste.

PRÉSIDENT DE L'EUROGROUPE

Le club des ministres des Finances de la zone euro s'est institutionnalisé de façon progressive depuis sa création en 1997. Le processus va se poursuivre avec l'instauration d'une présidence permanente confiée à une personnalité qui ne sera pas en même temps ministre.

Le bilan du titulaire actuel du poste, le ministre néerlandais Jeroen Dijsselbloem, est contrasté. Des noms circulent pour le remplacer, particulièrement celui de l'actuel ministre espagnol de l'Economie, Luis de Guindos.

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