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Pakistan: manifestation tendue lors du retour d'un chef religieux

23/06/2014 02:41 EDT | Actualisé 22/08/2014 05:12 EDT

La police pakistanaise a tiré lundi des gaz lacrymogènes sur des milliers de personnes venues accueillir à l'aéroport d'Islamabad le chef religieux populiste Tahir-ul-Qadri, de retour au pays dans un contexte très tendu, a constaté l'AFP.

M. Qadri, qui vit au Canada et est connu pour ses rassemblements contre le gouvernement, avait annoncé son retour au Pakistan pour lancer une mystérieuse "révolution pacifique" visant à débarrasser le pays de la corruption, de la pauvreté et des violences.

Son retour intervient alors que les tensions sont très vives entre son mouvement et le gouvernement, six jours après des affrontements meurtriers entre ses partisans et la police (est), qui ont tué au moins neuf fidèles du chef religieux selon ce dernier.

Il met la pression sur Islamabad au moment où l'armée mène une offensive militaire contre les talibans et Al-Qaïda dans la zone tribale du Waziristan du nord, qui a jeté sur les routes plus de 300.000 habitants.

M. Qadri a atterri en début de matinée à Islamabad en provenance de Londres. En prévision de son arrivée, et de l'afflux de fidèles, le gouvernement avait placé la zone de l'aéroport de la capitale en alerte, déployant des soldats aux points d'entrée et de sortie et bloquant les routes adjacentes avec des conteneurs.

Mais les partisans de Qadri, arrivés aux cris de "Vive Tahir-ul-Qadri" et "Révolution, révolution, révolution islamique", ont réussi à passer ces barrages. La police, guidée par des hélicoptères de surveillance, a répliqué en tirant des grenades lacrymogènes.

M. Qadri, fondateur du parti Mouvement du peuple du Pakistan (Pakistan Awami Tehreek, PAT), s'était fait connaître des observateurs internationaux en organisant l'an dernier un sit-in géant qui à paralysé la capitale Islamabad pendant plusieurs jours.Il y avait dénoncé avec force la corruption et appelé à des reformes urgentes, avant de plier bagages avec ses partisans sans avoir obtenu satisfaction.

Certains analystes estiment qu'il bénéficie en sous-main du soutien des plus hautes instances de l'armée qui souhaitent maintenir leur contrôle sur les instances civiles, dans ce pays longtemps gouverné et toujours très influencé par le pouvoir militaire.

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