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Mondial-2014 - Algérie: l'éclatante revanche d'Halilhodzic

23/06/2014 03:22 EDT | Actualisé 22/08/2014 05:12 EDT

Critiqué, conspué mais finalement conquérant: Vahid Halilhodzic, le sélectionneur de l'Algérie, a répondu à ses détracteurs grâce à un succès historique dimanche contre la Corée du Sud (4-2).

Sa revanche peut être encore plus éclatante s'il qualifie les Fennecs pour leur premier huitième d'un Mondial.

Janvier 2013: l'Algérie est éliminée prématurément de la Coupe d'Afrique des nations après deux défaites et un nul. "Coach Vahid", escorté par la police sud-africaine pour se rendre aux vestiaires, est copieusement insulté par des supporteurs.

Un an et demi et une qualification au Mondial plus tard, les Fennecs ont ragoûté dimanche à la victoire dans un match de Coupe du monde, une première depuis 1982, et le technicien bosnien peut savourer ce revirement de la fortune.

Car entretemps, les médias ne l'ont guère épargné, critiquant notamment une tactique jugée trop frileuse lors de la défaite concédée mardi contre la Belgique (2-1) pour l'entrée en lice de ses joueurs.

"La presse a perdu confiance en Vahid. C'est un cadeau pour tout le monde sauf pour vous. Je sais que ce soir vous êtes tristes, c'est comme ça", a répliqué le technicien en conférence de presse dimanche soir.

"Autant de mensonges... On a attaqué ma propre famille. Ma fierté, mon honneur, personne n'a le droit d'y toucher. (...) Aujourd'hui c'est une petite récompense", a-t-il ajouté avec son inimitable accent et sa diction saccadée.

- "revanchards"... et conquis -

Face aux Sud-Coréens, Halilhodzic avait effectué cinq changements par rapport aux titulaires face à la Belgique. Et ses choix ont été couronnés de succès: Slimani, Brahimi et Djabou ont chacun marqué un but et le jeu pratiqué a été séduisant, mêlant technique, intensité et sérieux.

"J'ai mis en place une concurrence que certains acceptent difficilement, je joue un peu sur leur orgueil", a expliqué le technicien.

Les méthodes musclées du Bosnien, connu en France pour avoir été l'entraîneur à poigne du Paris SG ou de Rennes, ont néanmoins payé, puisqu'il a vu sur la pelouse "des joueurs frais et revanchards".

Pour le capitaine Madjid Bougherra, cette façon abrupte de travailler n'empêche pas le groupe algérien d'apprécier son sélectionneur.

"C'est quelqu'un de très attachant, explique le défenseur central. Il est dur quand on travaille, minutieux dans tout ce qu'il fait. Mais en dehors, quand l'entraînement est fini, quand on gagne, il est proche des joueurs. (...) On l'aime. C'est quelqu'un de bien, malgré son côté dur."

- Larmes médiatiques -

Halilhodzic et ses hommes ont déjà écrit l'une des plus belles pages de l'histoire du football algérien, mais il serait dommage de s'arrêter en si bon chemin.

De fait, l'Algérie a l'opportunité de décrocher la première qualification de son histoire en huitième de finale d'une Coupe du monde: une victoire contre la Russie jeudi qualifiera les Fennecs. Un nul pourrait même suffire si la Corée du Sud ne bat pas la Belgique au même moment.

"Il faudra essayer de faire un autre exploit pour réussir le plus grand exploit du foot algérien, passer au 2e tour. C'est plus compliqué mais tout est possible", a résumé Halilhodzic.

Les joueurs aussi veulent y croire.

"Le but, c'est maintenant de rentrer dans l'histoire en passant le 1er tour", souligne Bougherra.

"On veut faire mieux que la génération 1982, renchérit le milieu offensif Sofiane Feghouli. Ce groupe mérite de passer au 2e tour."

Dimanche soir, un journaliste a même pris la parole en conférence de presse pour expliquer qu'il avait pleuré après la victoire de l'Algérie et que tous les médias algériens n'étaient pas contre Halilhodzic.

La revanche de "Coach Vahid" n'aurait pas pu être plus complète.

jed/ep

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