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Les discussions de paix sur le Soudan du Sud à nouveau suspendues

23/06/2014 05:39 EDT | Actualisé 23/08/2014 05:12 EDT

Les pourparlers de paix sur le conflit au Soudan du Sud ont été à nouveau ajournés lundi, sans avancée sur la formation d'un gouvernement d'union ou la mise en place d'un cessez-le-feu, ont annoncé les parties et la médiation.

Les deux camps - gouvernement et rebelles - qui s'affrontent depuis le 15 décembre dans la plus jeune nation du monde, indépendante depuis juillet 2011, boycottaient les négociations officiellement rouvertes après une rencontre, le 10 juin, entre le président Salva Kiir et son ancien vice-président et désormais ennemi Riek Machar.

Lors de cette rencontre, MM. Kiir et Machar s'étaient engagés à mettre en place un cessez-le-feu - conclu à deux reprises mais jamais appliqué - et former un gouvernement de transition sous 60 jours.

"Les discussions sont ajournées à partir d'aujourd'hui jusqu'à nouvel ordre", a annoncé lundi Michael Makuei, chef négociateur du gouvernement sud-soudanais. "Nous n'avons fait aucun progrès".

La délégation gouvernementale avait rejoint vendredi les négociations, qu'elle boycottait après des déclarations mi-juin d'un responsable de la médiation estimant "stupide" de la part des belligérants de privilégier une victoire militaire à une paix négociée.

Le camp de Riek Machar, qui refusait de reprendre place autour de la table en raison d'un désaccord sur la participation d'organisations religieuses, associations ou partis politiques, a confirmé la suspension des discussions.

"Nous voulons discuter directement avec le gouvernement et le gouvernement le veut aussi, il est dommage que les médiateurs ne comprennent pas cela", a déclaré à l'AFP un porte-parole des rebelles, Hussein Mar.

Il a douté de la possibilité de tenir le délai de 60 jours et estimé que la situation au Soudan du Sud, où une famine et un génocide menacent, selon l'ONU, pourrait s'aggraver avec des négociations au point mort.

L'Autorité intergouvernementale pour le développement (Igad), organisation est-africaine assurant la médiation, a, dans un communiqué, appelé les deux parties à "assumer leurs responsabilités" et reprendre les négociations pour résoudre la "tragique situation" au Soudan du Sud.

Le conflit plonge ses racines dans la rivalité entre MM. Kiir et Machar à la tête du régime sud-soudanais, qui a creusé les antagonismes au sein de l'armée sur des lignes ethniques.

Les combats et les massacres et atrocités sur des bases ethniques qui les accompagnent ont déjà fait des milliers, voire des dizaines de milliers de morts et chassé de chez eux plus de 1,3 million de Sud-Soudanais.

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