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La Thaïlande "déçue" après la décision de l'UE de réduire sa coopération

23/06/2014 11:51 EDT | Actualisé 23/08/2014 05:12 EDT

La junte thaïlandaise s'est dite "déçue" lundi de la décision de l'Union européenne de réduire sa coopération avec Bangkok en raison du coup d'Etat du 22 mai, appelant les Européens à "réexaminer la situation" et à être patients.

"Nous ne sommes pas en colère", a déclaré à l'AFP Werachon Sukondhapatipak, porte-parole de la junte. "Nous sommes juste déçus et nous regrettons la décision de l'UE", a-t-il ajouté, déplorant que les Européens ne comprennent pas la situation en Thaïlande ni la "justification de la prise de contrôle de l'administration du pays".

L'armée, qui a suspendu la Constitution et largement restreint les libertés civiles, a expliqué avoir pris le pouvoir pour restaurer l'ordre public après sept mois de manifestations meurtrières contre le gouvernement de Yingluck Shinawatra, soeur de Thaksin Shinawatra, ex-Premier ministre renversé par le précédent putsch en 2006.

Depuis cette date, le pays est englué dans une série de crises politiques parfois violentes mettant en scène les ennemis et les partisans de Thaksin, qui reste malgré son exil la figure de division du royaume.

La junte a exclu des élections avant un an, pour permettre de mettre en place d'ici là des réformes politiques --dont la rédaction d'une nouvelle Constitution-- selon elle nécessaires pour mettre un terme à ces années de troubles politiques.

"Nous demandons simplement du temps. Nous demandons à nos amis internationaux d'être un petit peu plus patients", a insisté Werachon, assurant que la Thaïlande n'avait pas fait une croix sur la démocratie.

"Nous retournerons à la démocratie, des élections auront lieu", a-t-il ainsi souligné. "Nous appelons l'UE à réexaminer la situation".

Exprimant leur "forte préoccupation", les ministres des Affaires étrangères de l'UE réunis à Luxembourg, ont appelé lundi la junte à "rétablir, en urgence, le processus démocratique légitime et la Constitution, par le moyen d'élections crédibles et représentatives".

En signe de protestation, "les visites officielles vers (la Thaïlande) et de Thaïlande ont été suspendues" et "l'UE et ses Etats membres ne signeront pas l'Accord de partenariat et de coopération avec la Thaïlande tant qu'un gouvernement démocratiquement élu ne sera pas nommé", selon le texte.

Thaksin ou ses proches ont remporté toutes les législatives depuis plus de dix ans, mais ont été plusieurs fois chassés par la justice ou l'armée.

abd/mr

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