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Impossible de surveiller tous les Britanniques revenant de Syrie (ex-responsable du MI6)

23/06/2014 07:06 EDT | Actualisé 23/08/2014 05:12 EDT

Les services de renseignement britanniques ne peuvent pas surveiller tous les jihadistes qui rentrent au Royaume-Uni après avoir combattu en Syrie et en Irak, a averti lundi un ex-directeur du MI6 (renseignement extérieur), qui a évalué leur nombre à "jusqu'à 300".

"Il n'y a absolument aucun moyen pour que les services de sécurité puissent suivre quelque 300 ou 400 personnes, c'est hors de question", a déclaré sur la BBC Richard Barrett, ancien directeur du MI6 chargé de l'antiterrorisme.

Dimanche, il avait estimé dans plusieurs médias que "probablement jusqu'à 300 personnes étaient rentrées au Royaume-Uni".

Les services de sécurité "vont devoir établir des priorités et choisir ceux qui à leurs yeux sont susceptibles de poser les plus gros risques", a-t-il expliqué sur la BBC.

"En plus de cela, je pense qu'ils devront beaucoup compter sur les communautés locales, les gens qui peuvent exprimer leurs inquiétudes sur le comportement d'un ami ou d'un parent rentré" de Syrie, a-t-il ajouté.

"Il n'y a pas nécessairement une progression linéaire entre combattre en Syrie et être un terroriste sur le sol national", a-t-il dit. "Le problème c'est que vous ne savez pas lesquels rentrent en voulant reprendre une vie normale et lesquels reviennent gravement radicalisés".

Il a estimé que le nombre de ceux qui étaient partis combattre en Syrie "pouvait s'élever à 500 maintenant".

Les inquiétudes au Royaume-Uni à propos des jihadistes combattant en Syrie et en Irak se sont accrues avec la diffusion vendredi sur internet d'une vidéo attribuée à l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), dans laquelle apparaissent notamment trois jeunes Britanniques qui appellent d'autres Occidentaux à les rejoindre.

Richard Barrett a souligné que l'un des sujets d'inquiétude principaux était "les réseaux qui commencent à opérer à travers l'Europe pour essayer de recruter des gens".

Le centre Al-Manar à Cardiff (Pays de Galles), où l'un des jeunes hommes apparaissant dans la vidéo d'EIIL, Nasser Muthana, 20 ans, avait l'habitude de prier, a démenti être la cause de la radicalisation du jeune homme et mis en cause l'influence d'internet.

L'une des responsables de Scotland Yard, Cressida Dick, avait averti dimanche que le Royaume-Uni allait "devoir vivre avec les conséquences de la Syrie, du point de vue du terrorisme (...) pour encore de très, très nombreuses années à venir".

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