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Nigeria: le parti du président Jonathan renforcé grâce à un succès électoral

22/06/2014 01:45 EDT | Actualisé 22/08/2014 05:12 EDT

Le président nigérian Goodluck Jonathan et son parti, en mauvaise posture, ont obtenu un coup de pouce à l'approche des élections de l'an prochain avec la victoire électorale de leur candidat dans un Etat clé, arraché ce week-end à l'opposition.

Le scrutin de samedi dans l'Etat d'Ekiti (sud-ouest) a vu l'ancien gouverneur, Ayo Fayose, qui appartient au Parti démocratique populaire (PDP) au pouvoir, l'emporter haut la main sur l'actuel gouverneur John Kayode Fayemi, membre du principal parti d'opposition, le Congrès des progressistes (APC).

M. Fayose a obtenu 203.090 voix contre 120.433 à son adversaire, selon la Commission nationale électorale.

Le PDP du président Jonathan, qui n'a jamais perdu les élections nationales depuis la fin des régimes militaires en 1999, avait cédé cet Etat à l'APC il y a quatre ans.

Jusqu'à ce week-end, il ne contrôlait qu'un des six Etats du sud-ouest du Nigeria et sa victoire dans l'Ekiti renforce ses chances au moins régionalement pour la présidentielle et les législatives prévus le 14 février prochain.

Au niveau national cependant la partie est loin d'être gagnée pour le PDP affaibli par une série de défections de gouverneurs influents, surtout dans les Etats du nord, qui ont amené une douzaine d'entre eux à rejoindre l'opposition au parlement.

Ces défections sont notamment liées au président Jonathan à qui on prête l'intention de se représenter alors que son action est de plus en plus critiquée.

Ses adversaires mais aussi une partie de son propre camp lui reprochent notamment sa gestion de l'insurrection islamiste de Boko Haram, dans le nord du pays, qui fait des milliers de morts depuis quatre ans.

L'image du président a souffert en particulier de l'enlèvement par le groupe armé en avril de plus de 200 lycéennes dans le nord du pays et qui n'ont toujours pas été retrouvées. Ce rapt sans précédent a provoqué une grande émotion au Nigeria et ailleurs dans le monde.

En outre, le président Jonathan n'a pas encore annoncé officiellement sa candidature mais les gouverneurs ont affirmé qu'il avait l'intention de se représenter en dépit de son engagement à ne pas briguer un second mandat.

Il violerait ainsi une règle non-écrite au sein du parti au pouvoir qui veut que la présidence aille alternativement à un candidat originaire du nord à majorité musulmane et à un homme du sud à dominante chrétienne.

M. Jonathan est un chrétien originaire du Bayelsa, un Etat du sud.

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