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Les prix de l'essence resteront élevés tout l'été, selon les experts

22/06/2014 06:59 EDT | Actualisé 22/08/2014 05:12 EDT
Radio-Canada

Il faudra attendre la fin de la saison estivale et une atténuation des violences religieuses en Irak avant de voir les prix de l'essence redescendre au Canada, selon les observateurs et les analystes en énergie consultés par CBC, le réseau anglais de Radio-Canada.

C'est donc dire que les automobilistes s'arrêtant pour faire le plein devraient rager au moins jusqu'en septembre, lorsque la période des vacances et des longs déplacements qui en découlent sera terminée.

Le prix moyen de l'essence a atteint des niveaux records la semaine dernière dans plusieurs provinces du Canada. À Montréal, par exemple, certains détaillants demandaient 1,53 $ pour chaque litre d'essence ordinaire, jeudi. D'importantes hausses ont également été enregistrées à Toronto, Vancouver et Ottawa, notamment.

Depuis, les prix n'ont pas baissé ou presque. Selon le site essencemontreal.com, le prix du litre d'essence ordinaire oscillait entre 1,45 $ et 1,51 $ dans la nuit de samedi à Montréal. Il était de 1,43 $ à l'échelle du Québec.

La faute à l'Irak

Dan McTeague, qui opère le site web Tomorrow's Gas Price Today blâme la nervosité des marchés et la spéculation financière excessive causées par l'instabilité au Moyen-Orient qui, selon lui, « déforment » les prix de l'essence.

Entre-temps, remarque-t-il, l'approvisionnement en brut ne s'est jamais mieux porté.

Laura Lau, vice-présidente principale en gestion de portefeuilles pour le Brompton Group, atteste que l'augmentation des prix est le reflet direct des manchettes internationales.

Elle remarque que la prime de risque pour le pétrole a grimpé, même si les troubles en Irak n'ont pas empêché le brut de couler à flot. « On pourrait voir un allégement, mais ça dépendra de ce qui se passera en Irak, soutient-elle. Les prix continueront probablement de grimper si on assiste à une escalade des violences ». Mais l'inverse est aussi vrai, selon elle.

Mme Lau note qu'aucune pénurie n'a été rapportée jusqu'à maintenant, même si les pétrolières de la région ont commencé à évacuer du personnel jugé « non essentiel » après le siège de la raffinerie de Baïji par des combattants sunnites en Irak.

« Est-ce que la production pourrait baisser? Oui », reconnaît-elle. « Mais actuellement, il s'agit plus d'une menace que de la réalité. »

Baisse anticipée à l'automne

Selon le cofondateur du site GasBuddy.com Jason Toews, il faudra attendre jusqu'en septembre pour voir les prix de l'essence diminuer substantiellement.

« Ce sera la fin de la saison des grands déplacements, explique-t-il. Les températures seront à la baisse, les enfants seront de retour à l'école, les vacances familiales seront terminées et on se remettra en mode travail ».

Les prix devaient alors redescendre autour de 1,30 $, prédit-il, rappelant qu'à la même période l'an dernier, le prix moyen du litre d'ordinaire était de 1,23 $.

Concernant l'agitation en Irak, M. Toews prévoit que le prix moyen de l'essence au Canada ne devrait gagner que deux ou trois cents le litre dans les prochaines semaines, pourvu que la situation ne dégénère pas.

Quant à Michael Ervin, analyste en énergie basé à Calgary et président de la firme MJ Ervin and Associates, il faudra attendre après la fin de semaine de la fête du Travail pour voir l'offre surpasser la demande.

Entre-temps, il est « remarquable », selon lui, que les prix n'aient pas augmenté davantage en raison des troubles géopolitiques.

« Il y a 10 ans, les prix auraient grimpé encore plus haut », pense-t-il. Cette stabilité relative, selon lui, « montre que les marchés mondiaux de brut sont plutôt bien alimentés comparativement à l'époque ayant précédé la récession ».

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