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Francos 2014: FAUVE, un collectif qui n'a plus rien d'anonyme (ENTREVUE/CRITIQUE)

22/06/2014 03:47 EDT | Actualisé 22/06/2014 04:44 EDT
Courtoisie

Le collectif français FAUVE a fait sauter à pieds joints la foule du Métropolis samedi soir, alors qu'il se produisait pour une deuxième année consécutive dans le cadre des FrancoFolies de Montréal.

Les cinq membres du groupe ont dédié au public leur pièce Vieux frères, un morceau plein d’humilité qui revient sur les moments qu’ils partagent depuis que l’aventure musicale de FAUVE a franchi les frontières.

«Il s’est passé un truc invraisemblable qu’on ne s’explique toujours pas, comme l’année dernière, comme maintenant. L’année dernière, c’était la première fois qu’on prenait l’avion pour jouer ensemble», ont-ils confié à propos de leur prestation lors des Francos de 2013.

Plus que leur talent, c’est leur modestie et leur simplicité qui ont attendri le public du Métropolis.

«Nous on n’était pas dans la musique avant, on chantait un peu comme ça dans notre chambre… C’est super flippant, vous êtes nombreux quand même», ont-ils confié après que la salle ait été éclairée entre deux morceaux.

Un collectif d’artistes

Ce qui est certain c’est que FAUVE n’a plus rien d’anonyme au Québec. Le public est en émoi dès le début du spectacle alors que le dièse rouge emblématique du groupe apparaît en arrière-plan, au son des premières notes de leur pièce De ceux, et avant même qu’on ne découvre les visages des musiciens. Des visages qui se font rares.

«On essaie de rester discret, il n’y a pas de photos de nous en ligne. Nos propos sont assez impudiques. On raconte déjà nos vies, on ne veut pas que ce soit too-much», avait confié un des membres du collectif en entrevue avant le concert.

«Ce serait presque exhibitionniste de poser comme un groupe de rock avec les bras croisés», a-t-il ajouté. Le projet c’est beaucoup de gens dans le collectif, c’est pas seulement cinq mecs sur scène. Ça occulterait le rôle des autres participants autour du projet de nous mettre en avant».

FAUVE collabore depuis trois ans avec d’autres artistes qui écrivent des textes ou évoluent dans le milieu de la vidéo. Des vidéos, notamment sous forme de clips, diffusées au cours du concert.

Si le groupe tient à son anonymat, leurs textes, eux, très sombres, ont conquis le Québec. C’est avec entrain que la foule tentait de suivre le chanteur en reprenant les mots incisifs des morceaux Infirmière, Lettre a Zoe, ou encore Voyous.

Des textes noirs, parlant tant d’espoirs déchus, d’histoires d’amour maudites ou d’échecs de vie, mais dans un rythme entraînant, faisant sauter le public, les poings en l’air. FAUVE réussit le pari de transformer le désenchantement en une énergie positive communicative.

Un style unique

Rock, slam, rap, hip-hop… le style de FAUVE ne s’étiquette pas.

«On aimerait bien faire du rock, mais c’est compliqué», avait ironisé le collectif en entrevue. Et le slam c’est plus de la poésie avec des rimes. Nous, on est très terre à terre dans notre façon d’écrire. On essaie juste de trouver le mot juste et de créer quelque chose de conversationnel».

C’est la troisième fois au total que le groupe se produisait à Montréal, après un passage au Club Soda en février dernier.

«C’est vraiment un plaisir de venir au Québec à chaque fois, c’est pas de la démagogie, c’est vrai», ont-ils confié lors du spectacle malgré un petit problème technique. Alors qu’en février, la moitié de leurs instruments étaient restés à Paris avant d’être livrés en urgence le matin du show, c’est cette fois la corde du bassiste qui a lâché en plein spectacle.

«Il paraît qu’une corde de basse, ça ne casse pas, mais en fait si», ont-il ri. Heureusement, la suite du concert a été sauvée par le groupe qui se produisait en première partie, Francois & the Atlas Mountains, qui leur a prêté une guitare basse.

Ainsi le groupe a pu faire danser le public sur Blizzard en rappel, et faire trembler la salle sous les sauts des fans, prouvant au collectif français que les Nuits fauves montréalaises l'avaient adopté.

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