NOUVELLES

Sénégal: un rappeur incarcéré après avoir dénoncé un racket de policiers

21/06/2014 10:20 EDT | Actualisé 21/08/2014 05:12 EDT

Le rappeur sénégalais engagé Malal Talla, plus connu sous son nom de scène "Fou Malade" et responsable du mouvement Y en a marre, a été inculpé et incarcéré à Dakar après avoir dénoncé des pratiques de racket au sein de la police, ont déclaré samedi son avocat et son entourage.

M. Talla, membre fondateur du groupe de rap Bat'Haillons Blin-D, a été présenté vendredi à un juge qui l'a inculpé d'"outrage à agents de la force publique dans l'exercice de leurs fonctions" puis placé sous mandat de dépôt, a dit à l'AFP son avocat, Mame Adama Guèye.

Selon Me Guèye, le rappeur doit comparaître lundi devant le tribunal des flagrants délits.

Malal Talla avait été arrêté jeudi par la police et placé en garde à vue après une cérémonie publique à Guédiawaye, une banlieue de Dakar, dans le cadre de la semaine nationale de lutte contre la drogue.

Il y avait dénoncé un racket de la part de policiers dans plusieurs quartiers de la banlieue, selon Y en a marre, qui regroupe des jeunes ayant été en pointe du combat contre un troisième mandat du président Abdoulaye Wade après 12 ans de pouvoir (2000-2012).

"On dit qu'il a offensé des agents dans l'exercice de leurs fonctions, mais il n'a fait que répéter ce que tout le monde dit ici au Sénégal", a affirmé à l'AFP Cyrill Touré, dit Thiat, également rappeur et membre fondateur du mouvement Y en a marre avec Malal Talla et d'autres jeunes.

Pour lui, des responsables de la police nationale ont été "piqués dans leur ego" par les propos de Malal Talla tenus en présence d'autorités et de partenaires du Sénégal et ils tentent de "régler des comptes" avec lui à travers cette affaire.

La cérémonie s'est déroulée en présence notamment du ministre sénégalais de l'Intérieur Abdoulaye Daouda Diallo et de la directrice générale de la police nationale, Mme Anna Sémou Faye, selon la presse locale.

Après son arrestation, la police lui reprochait des propos "outrageants" et diffamatoires.

"Je ne pense pas avoir tenu des propos diffamatoires à l'encontre de qui que ce soit", a dit aux enquêteurs Malal Talla d'après des propos rapportés samedi par le quotidien privé L'Observateur, ajoutant que son intention était d'attirer l'attention sur des pratiques au sein la police néfastes à la lutte contre la drogue.

cs/jlb

PLUS:hp