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Reprise du groupe français Alstom: week-end décisif sur fond de plusieurs inconnues

21/06/2014 10:09 EDT | Actualisé 21/08/2014 05:12 EDT

Le groupe français Alstom, spécialisé dans l'énergie, va-t-il accepter les conditions de l'État français pour s'allier avec l'américain General Electric ? Comment débloquer les discussions entre l'Etat et le groupe français Bouygues sur le rachat de 20% du capital d'Alstom ? Le gouvernement français sortira-t-il victorieux de ce dossier ?

QUI VA TRANCHER ET QUAND ?

C'est le conseil d'administration d'Alstom qui doit trancher et dire s'il accepte ou non d'entrer en négociations exclusives avec General Electric (GE). Et le temps presse car l'offre de l'Américain expire lundi et son patron Jeff Immelt a déjà prévenu que la date "resterait intacte". Comprendre: il ne prolongera pas son offre.

Le gouvernement français a annoncé vendredi préférer l'offre de l'américain GE, à celle déposée par le tandem germano-nippon Siemens/Mitsubishi Heavy Industries, et son intention d'entrer au capital d'Alstom à hauteur de 20% afin d'exercer sa "vigilance patriotique", selon les mots du ministre de l'Économie Arnaud Montebourg.

Mais la "position définitive" de l'Etat sur Alstom "dépendra" de l'entrée de l'Etat au capital de l'industriel et donc de l'issue des négociations en cours avec Bouygues pour lui racheter les deux tiers de sa participation dans Alstom.

Le Conseil d'administration d'Alstom s'est réuni une première fois vendredi soir, pour étudier ces nouvelles conditions. Mais il s'agissait surtout d'une réunion technique. Les administrateurs vont donc à nouveau se réunir, "vraisemblablement aujourd'hui ou demain" et donner leur décision finale avant l'ouverture de la Bourse de Paris, lundi à 07H00 GMT, où est cotée l'action Alstom.

François Hollande a dit compter sur "des avancées d'ici la fin de journée"

COMMENT ET COMBIEN VA ACHETER L'ETAT SA PART A BOUYGUES ?

L'État et Bouygues ont eux aussi jusqu'à lundi 07H00 GMT pour s'entendre sur les modalités de rachat des 20% du capital d'Alstom que détient Bouygues.

Et les discussions ne semblaient pas bien enclenchées samedi matin. Elles sont "bloquées", achoppant sur le prix, selon des sources proches du dossier contactées par l'AFP.

D'un côté Bouygues cherche à vendre la totalité de sa participation (29,4%), qu'il valorise dans ses comptes 3,07 milliards d'euros, après avoir dû passer une dépréciation de 1,4 milliard d'euros en 2013.

Le groupe a payé sa participation relativement cher, selon des analystes. Au plus fort, l'action valait 55 euros en 2010. Contre 28, vendredi à la clôture. Et surtout, il a besoin d'argent, notamment pour relancer Bouygues Telecom.

Une source au fait des discussions a indiqué que Bouygues chercherait à vendre sa participation à 35 euros par titre.

De l'autre côté, l'État ne peut pas paraître dispendieux et devra montrer qu'il a tout fait pour négocier au plus serré avec Bouygues. Il propose de racheter les actions au prix du marché. Soit un montant de 1,7 milliard d'euros.

François Hollande a prévenu samedi : "S'il n'y avait pas ces avancées, s'il n'y avait pas cette vente à un prix qui pour le gouvernement soit acceptable alors il y aurait nécessairement à revenir sur l'alliance telle qu'elle vient d'être annoncée" avec l'américain General Electric.

L'ÉTAT VA-T-IL SORTIR VICTORIEUX ?

Dés vendredi, le gouvernement faisait de l'auto-satisfaction dans la gestion de ce dossier.

"Alstom aujourd'hui serait sans conditions dans les mains de General Electric depuis des mois si nous n'étions pas intervenus", se félicitait le Premier ministre français Manuel Valls. "Fluidité dans la méthode et résultats, cohérence gouvernementale : l'État a été très professionnel. Ça a été dur mais ça a été une très bonne négociation", assurait même vendredi soir un proche du président de la République.

Ce dossier est présenté comme "l'Anti Florange" du nom d'une usine sidérurgique. Arnaud Montebourg avait alors proposé que l'État nationalise le site du groupe indien Arcelor-Mittal à Florange, idée que le Premier ministre de l'époque, Jean-Marc Ayrault, avait sèchement balayée.

Cette fois, le ministre, qui a combattu le premier projet d'alliance entre Alstom et GE, soutient la nouvelle offre améliorée.

L'issue des négociations avec Bouygues reste maintenant déterminante pour le gouvernement, qui, coincé entre la crise des intermittents et la grève à la SNCF, aurait bien besoin d'une sortie par le haut.

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