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Le pape François visite une prison à son arrivée en Calabre

21/06/2014 04:01 EDT | Actualisé 20/08/2014 05:12 EDT

Le pape François a commencé samedi matin sa visite à Cassano allo Jonio en Calabre (sud de l'Italie), axée sur la dénonciation de la mafia et du chômage structurel qui affecte particulièrement les jeunes, a constaté l'AFP sur place.

Jorge Bergoglio, 77 ans, a atterri en hélicoptère vers 07H00 GMT à proximité de la prison locale de Castrovillari, où il a embrassé sur le front un nouveau né et salué chaleureusement un groupe de handicapés. Une foule fervente se pressait sur son passage et a libéré dans le ciel limpide de nombreux ballons jaunes et blancs aux couleurs du Vatican.

Le pape est allé ensuite s'entretenir à huis clos avec les quelque 200 détenus hommes ou femmes, dont beaucoup incarcérés pour les faits de mafia.

Il devait axer son message sur le respect des droits et les conditions de vie dans les prisons surpeuplées, mais aussi la pleine réinsertion dans la société, afin que le temps de détention ne soit pas perdu pour le détenu et pour la société.

Parmi les détenus, se trouvent des membres de la famille de Coco Campolongo, trois ans, victime en janvier d'un règlement de comptes qui avait ému toute l'Italie. Son corps avait été trouvé avec celui de son grand-père dans une voiture carbonisée.

Cette visite de neuf heures, menée au pas de charge dans la région méridionale la plus pauvre d'Italie après la Campanie, doit s'achever par une grande messe à laquelle sont attendues plus de 100.000 personnes.

C'est sa quatrième en Italie, hors du diocèse de Rome. L'an dernier, ce pape très populaire dans la péninsule s'était déjà rendu à Cagliari (Sardaigne) où il avait dénoncé le chômage des jeunes, à Assise (Ombrie) où il avait célébré Saint François d'Assise, et sur l'île de Lampedusa (sud) où il avait plaidé contre "la mondialisation de l'indifférence" et pour les droits des immigrés débarquant en Europe.

La mafia calabraise, ou 'Ndrangheta, par laquelle transite une partie de la cocaïne d'Amérique du Sud, est aujourd'hui la plus riche et la plus diversifiée des mafias, avec des intérêts dans le nord de l'Italie et en Europe.

Héritières d'une vieille culture de l'omerta, des collusions entre quelques membres du clergé et les mafias subsistent encore dans le Mezzogiorno même si les papes et l'Eglise les ont nettement condamnées et que les associations catholiques multiplient les initiatives contre la criminalité organisée.

pho-jlv/ros

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