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Des femmes autochtones se battent au crochet contre les pétroliers

20/06/2014 09:28 EDT | Actualisé 21/08/2014 05:12 EDT
AP

Les femmes de la Première Nation Gitga'at de Hartley Bay en Colombie-Britannique ont déployé une corde fabriquée au crochet à l'embouchure du chenal marin de Douglas pour dénoncer le projet de pipeline et de terminal pétrolier Northern Gateway.

Depuis plusieurs mois, les doigts des femmes Gitga'at ont oeuvré sans arrêt pour créer cette corde afin qu'elle serve de barrière symbolique au projet de la compagnie Enbridge.

Si ce projet de pipeline voit le jour, plus de 220 pétroliers circuleront annuellement sur le chenal marin de Douglas au large de la communauté des Gitga'at lors de leurs allées et venues vers le terminal pétrolier qui doit être construit à Kitimat.

Cette petite communauté pourrait donc se trouver au coeur d'un désastre écologique si un de ces pétroliers s'échouait et coulait dans le chenal Douglas.

Les Gitga'at savent très bien qu'un tel incident est possible, car en 2006 ils ont dû venir à la rescousse des passagers du traversier Queen of the North quand celui-ci a coulé au large de leur communauté après s'être échoué sur une île.

Maillons de l'espoir

La corde que les femmes Gitga'at ont nommé « maillons de l'espoir » (Chain of Hope), a été déployée vendredi à l'aide d'embarcations traditionnelles. Elle est décorée de souvenirs de famille, de photos de bébés de la communauté, et de bouées sur lesquelles des messages ont été inscrits.

« J'ai levé les yeux au ciel quand ma mère m'a parlée de crocheter une corde pour arrêter les pétroliers », explique Jodi Hill, une Gitga'at qui a participé au projet.

« Mais la communauté s'est ralliée au projet et tout le monde s'est mis au crochet pour manifester leur soutien au mode de vie Gitga'at, à nos côtes, aux baleines, à nos traditions, à nos sources de nourriture, et aux prochaines générations qui doivent vivre de notre territoire. »

Mardi dernier, Ottawa a approuvé le projet Northern Gateway de la compagnie Enbrige moyennant 209 conditions. L'annonce a été suivie d'une levée de boucliers de la part de nombreuses Premières Nations, groupes environnementaux et citoyens qui s'opposent au projet.

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