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Rubygate: ouverture du procès en appel contre Berlusconi, qui devrait se conclure vite

20/06/2014 09:54 EDT | Actualisé 20/08/2014 05:12 EDT

Le procès en appel du Rubygate dans lequel Silvio Berlusconi est accusé de prostitution de mineure et abus de pouvoir a débuté vendredi à Milan, en l'absence de l'ex-Premier ministre et devrait se terminer dès la mi-juillet.

Seules quelques caméras étaient présentes car comme presque tous les vendredis depuis le 9 mai, M. Berlusconi se trouvait à Cesano Boscone, près de Milan où il a passé la matinée dans un centre pour malades d'Alzheimer pour purger sous forme de travail d'intérêt général (TIG) une peine d'un an de prison pour fraude fiscale (procès Mediaset).

La première audience a été consacrée à la lecture de la sentence de première instance et à fixer un calendrier qui prévoit dès le 11 juillet le réquisitoire du parquet et une semaine plus tard le 18, le délibéré des juges et le verdict.

L'ex-Cavaliere, sans immunité parlementaire et en déclin politique depuis son exclusion du Sénat à l'automne 2013, est défendu en appel par les professeurs Franco Coppi et Filippo Dinacci, qui remplacent ses avocats historiques Niccolo Ghedini et Piero Longo, objets d'une enquête du parquet qui les soupçonne d'avoir corrompu les témoins du procès en première instance.

Le Rubygate première mouture s'était terminé par une condamnation en juin 2013 à sept ans de prison pour M. Berlusconi, 77 ans, et une interdiction à vie de mandat public.

Il a été reconnu coupable d'avoir payé pour des rapports intimes avec "Ruby la voleuse de coeurs", la Marocaine Karima El-Mahgroub, quand elle était mineure, et pour avoir fait pression sur la préfecture de Milan afin qu'elle soit relâchée après un larcin, en affirmant qu'elle était la petite-fille d'Hosni Moubarak.

Selon Me Coppi, M. Berlusconi "est convaincu de son innocence, ce qui lui donne une grande force" pour affronter le procès en appel.

L'avocat a jugé "normal" que la procédure soit aussi rapide, se disant en réponse à l'AFP-TV, "certain d'avoir de bons arguments".

"Nous utiliserons les armes des avocats: la logique et une bonne argumentation", a-t-il dit.

M. Coppi n'a pas totalement exclu que M. Berlusconi se présente à une audience, "si le collège de ses défenseurs devait le juger utile ou nécessaire". Même s'il a semblé vouloir l'éviter après des déclarations agressives du magnat contre la magistrature qualifiée "d'incontrôlable, incontrôlée et irresponsable", dans un témoignage qu'il a rendu jeudi à Naples.

- des ennuis sans fin -

En cas de confirmation de sa culpabilité, M. Berlusconi ira certainement en cassation, une procédure qui prendra plusieurs mois.

Si en fin de course, les sept ans de condamnation étaient maintenus, l'ex-Premier ministre perdrait le bénéfice des TIG et d'une amnistie de trois ans dans le procès Mediaset, ce qui l'amènerait à devoir purger 11 ans de prison, vraisemblablement sous forme d'assignation à domicile.

Les ennuis judiciaires du magnat semblent sans fin: il est jugé à Naples pour corruption de sénateur, visé par l'enquête sur la corruption de témoins dans le Rubygate (Ruby Ter) et risque un autre procès dans l'enquête "Escort" sur un vaste réseau de prostitution monté à son avantage par un entrepreneur de Bari.

En première instance, le Rubygate avait donné lieu à un défilé de jeunes femmes qui avaient raconté les fêtes dans la villa du milliardaire à Arcore, près de Milan.

Elles avaient décrit des dîners élégants, en contradiction avec ce qui ressortaient des écoutes de leurs téléphones portables et d'autres témoignages parlant de fêtes obscènes ponctuées de déguisements salaces, de scènes de lapdance et striptease, et de passages dans la chambre à coucher de M. Berlusconi.

Dans une interview au Giornale (propriété de la famille Berlusconi), Ruby a répété sa version selon laquelle elle n'a jamais eu de relations intimes avec le magnat: "Berlusconi a été condamné pour rien". "Je suis au milieu d'une machine de guerre, de gens qui poursuivent un objectif", abattre politiquement Silvio Berlusconi, a-t-elle dit.

Désormais casée avec un ex-gérant de discothèque et mère d'une petite fille, l'ex-aspirante starlette a nié à nouveau avoir reçu 5 millions d'euros pour les services rendus à M. Berlusconi comme elle s'en vantait dans des écoutes téléphoniques, affirmant avoir "inventé des tas de bêtises pour se faire bien voir" de ses amies de l'époque.

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