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Mondial-2014 - Brésil: Julio Cesar veut vaincre la guerre des Goals

20/06/2014 07:45 EDT | Actualisé 20/08/2014 05:12 EDT

Julio Cesar a choisi d'affronter le destin. De défendre la cage du Brésil lors de son Mondial, 64 ans après Moacyr Barbosa, le portier brésilien du +Maracanazo+, la défaite de la seleçao face à l'Uruguay à la Coupe du monde 1950.

On pourrait même dire que Julio Cesar a décidé de le forcer. Car depuis trois ans, il est allé de galère en galère, frôlant la mise à la retraite forcée après avoir été longtemps considéré comme un des meilleurs gardiens du monde.

Poussé vers la sortie par l'Inter Milan avec lequel il a tout gagné, il n'est ensuite même plus titulaire à Queens Park Rangers en deuxième division anglaise, qu'il quitte en février 2014 pour jouer... à Toronto, au Canada, où il encaisse plus de buts qu'il ne joue de matchs (9 buts en 7 matchs).

Heureusement pour lui, il fait partie de la "famille Scolari", et le sélectionneur brésilien lui maintient sa confiance depuis qu'il a repris en main la sélection en novembre 2012. Et, depuis le début de ce Mondial, Julio Cesar lui rend cette confiance avec deux excellentes prestations, avec notamment un bel arrêt contre la Croatie sur un tir au ballon flottant et deux arrêts contre le Mexique. Les critiques craignaient qu'ils soient le talon d'Achille. Le vétéran de 34 ans (82 sélections) est pour le moment un des points forts de son équipe.

"J'ai joué très peu. Le rythme de match manque mais quand tu fais des arrêts" comme ceux-là, "ça ramène la confiance dont j'ai besoin. Il y avait des critiques qui mettaient en doute mon choix, je crois que mes prestations ont fait que les critiques disparaissent peu à peu", explique-t-il.

- 'Neymar est mature' -

"Je me suis beaucoup préparé pour ce Mondial, souligne-t-il. J'ai travaillé. Et si tu travailles les choses arrivent naturellement. Si tu travailles et que tu es bien concentré sur ce que tu fais, tout ça (NDLR: le fait de ne plus avoir de club), ça n'a pas d'importance. Je suis bien physiquement, ma concentration est bonne, je me suis préparé pour être bien quand on a besoin de moi".

Julio Cesar sait se comporter en patron: pendant le match contre le Mexique, "ça pouvait aller dans un sens ou l'autre. Quand le Mexique dominait un peu en début de deuxième période, j'ai essayé de donner un peu de repos à mes coéquipiers", en gagnant du temps pour tirer les 6 mètres.

Pour Julio Cesar, la relative inexpérience de la seleçao (NDLR: 17 joueurs disputent leur premier Mondial) n'est pas un problème: "Je ne les vois pas comme des joueurs inexpérimentés. Ce sont des joueurs déjà consacrés, ils jouent dans des grands clubs, ont eu l'expérience de la Coupe des Confédérations, qui ressemble à un Mondial. (...) Neymar est mature".

- 'Froid au ventre' -

Le vétéran affirme bien supporter la pression autour de son poste et de la +Canarinha+: "C'est normal, pour un joueur brésilien. On est habitué, c'est ma 3e Coupe du monde (NDLR: remplaçant en 2006, titulaire en 2010), j'ai joué des Coupes des Confédérations, des Copa America. Il y a encore ce petit +froid au ventre+ mais on gère".

Le gardien, pas exempt de tout reproche lors de la défaite du Brésil contre les Pays-Bas en 2010, a aujourd'hui une certaine philosophie et soutient par exemple avec humilité Casillas, le gardien espagnol, auteur de plusieurs bourdes dans ce Mondial: "Ca lui arrive, comme ça m'est arrivé à moi. Qui suis-je pour critiquer ? Il a soulevé tous les trophées. Il est capitaine du Real et de la sélection espagnole. Ce n'est pas pour ça qu'il n'est plus ce qu'il est".

Et il trouve en Cauet, 11 ans, le fils qu'il a eu avec Susana Werner, l'ex-compagne de son compatriote et meilleur buteur en Coupe du monde Ronaldo, un soutien sans faille: "Après le match contre le Mexique, il m'a dit! Félicitations papa, t'as fait deux beaux arrêts".

Julio Cesar veut maintenant gagner la campagne brésilienne pour vaincre la guerre des Goals: "Je veux être champion du monde à la fin. Je veux que le contrat que j'ai passé avec moi-même ait une fin heureuse. Je sais par où je suis passé pour en arriver là".

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