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Commission Charbonneau: «Je suis fâchée, parce qu'on nous a bernés» - Violette Trépanier, PLQ

20/06/2014 07:03 EDT | Actualisé 20/08/2014 05:12 EDT
CEIC

L'ex-responsable du financement du PLQ de 2001 à 2013 estime que les firmes de génie et autres entreprises qui ont eu recours à des prête-noms ou à de la fausse facturation pour financer leurs dons au PLQ l'ont fait à son insu, tout comme à l'insu de sa formation politique.

« Je n'étais pas au courant, mon parti n'était pas au courant de ces stratagèmes de prête-noms [...] Si j'avais su, j'aurais dénoncé. » — Violette Trépanier

Violette Trépanier a précisé que chaque individu approché pour donner au PLQ dans le cadre de ses activités de financement sectoriel était appelé à faire un chèque personnel.

Or, soutient-elle, on ne peut confondre un tel don avec du financement d'entreprise, interdit par la loi électorale : « Je ne sollicite pas l'entreprise, je sollicite quelqu'un dans l'entreprise ».

« Je suis fâchée, parce qu'on nous a bernés quelque part. » — Violette Trépanier

Confronté par le procureur Paul Crépeau sur les conclusions du rapport Moisan de 2006 qui a démontré noir sur blanc que la pratique des prête-noms existait dans tous les partis au Québec, elle a rétorqué que le document blâmait le PQ et que sinon, son parti n'a pas été capable d'en détecter en son sein à l'époque.

Violette Trépanier a expliqué qu'il a toujours été clair qu'un don ne pouvait être remboursé par l'employeur, mais ne peut dire à partir de quelle année, alors que se multipliaient les allégations de prête-nom, elle a senti le besoin d'avertir ses solliciteurs de le préciser aux donateurs.

Mme Trépanier a par ailleurs été fort embarrassée lorsque le procureur l'a contraint à reconnaitre que Marc-Yvan Côté, blâmé en 2005 par le rapport Gomery pour avoir transporté 120 000 $ en argent comptant pour le PLC, a détenu un certificat de sollicitation pour le PLQ jusqu'en 2009 - ce que M. Côté ne savait pas.

« Il a mal agi, ça c'est clair », a-t-elle convenu, mais s'est justifiée en disant qu'à sa connaissance, il était « très peu impliqué » dans le financement, sinon pour les activités de la ministre Nathalie Normandeau.

La filière Bibeau

L'ex-directrice du recrutement et du financement au PLQ a expliqué plus tôt à la commission le rôle joué au parti par Marc Bibeau, un bénévole proche de Jean Charest et longtemps impliqué dans le financement à ses côtés.

Mme Trépanier a expliqué qu'appelée en 2001 par le PLQ pour relancer le recrutement et centraliser les activités de financement, elle s'est rapidement associée à cet homme d'affaires arrivé au parti en même temps que Jean Charest en 1998.

M. Bibeau, a-t-elle expliqué, « c'est un ami de M. Charest qui a un immense réseau » qu'il a mis au service de l'ex-chef libéral.

« Il m'a dit: ''Jean est mal connu, moi je vais le faire connaître dans les milieux d'affaires de Montréal, et ils vont l'apprécier''. » — Violette Trépanier

Mme Trépanier a expliqué qu'à son arrivée, M. Bibeau s'occupait essentiellement de financement pour le national. Mais rapidement, les deux se sont associés pour proposer aux députés l'appui du réseau de M. Bibeau pour réunir des dons.

Lumière sur le comté 127

L'ex-responsable du financement a tenu à rectifier les faits sur le fameux comté 127, mentionné dans un mandat de perquisition pour la permanence du PLQ obtenu par l'UPAC dans le cadre de son enquête sur le financement illégal.

Mme Trépanier a plutôt présenté ce 127 comme une ligne comptable qui regroupe toutes les contributions financières qui sont destinées au national, et non aux différentes circonscriptions.

Ainsi, la somme de 428 150 $ imputée au 127.51, mentionnée dans le mandat de l'UPAC, correspond aux sommes amassées par Marc Bibeau auprès de son réseau pour le national, et non au résultat d'une activité de financement : « C'était les contributions que Marc Bibeau avait ramassées à ce moment-là dans l'année ».

Elle a d'ailleurs soutenu que Marc Bibeau n'organisait pas d'activités de financement et dément que les deux fêtes organisées à sa résidence en 2003 et 2004, dans la foulée de la victoire libérale, aient comme objectif d'amasser de l'argent.

« Dans sa liste d'invités, il y avait des gens qui faisaient des contributions au Parti libéral en général (mais) ce n'était pas des événements de financement. » — Violette Trépanier

Ces fêtes, a-t-elle expliqué, rassemblaient des gens issus des réseaux d'affaires de Marc Bibeau, le premier ministre et plusieurs de ses ministres, des membres de l'establishment du PLQ et des politiciens fédéraux.

Elle reconnaît que le PLQ a été impliqué dans leur organisation, et avance, avec hésitation , qu'il en a peut-être payé une partie.

Elle a notamment identifié les frères Sauriol, anciens patrons de la firme Dessau, comme ayant été présents à l'événement, mais a hésité sinon à identifier plus précisément qui d'autres, issus des firmes de génie, étaient présents.

Une vie au service du PLQ

Mme Trépanier a été députée de Dorion (1984-1994) en plus d'occuper différents postes de ministre dans le gouvernement Bourassa. De nombreux témoins l'ont décrit comme étant la responsable du financement sectoriel du parti pendant les années de Jean Charest, une tâche dans laquelle elle était assistée par Marc Bibeau, selon le témoignage du président de Cima+, Kazimir Olechnowicz.

L'ex-ministre Nathalie Normandeau a déclaré mercredi que Violette Trépanier venait chaque année fixer avec les élus les objectifs à atteindre. Elle était parfois accompagnée de Marc Bibeau.

Jeudi, l'ex-député d'Orford Robert Benoit a affirmé que l'arrivée de Jean Charest à la tête du PLQ en 1998 a marqué un changement dans la philosophie de financement au parti. La présence de Marc Bibeau onstituait une illustration de ce changement dans la philosophie de financement au PLQ.

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