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La "jeune fille à la perle" réintègre sa demeure rénovée à La Haye

20/06/2014 09:32 EDT | Actualisé 20/08/2014 05:12 EDT

La célébrissime "Jeune fille à la perle" de Johannes Vermeer a retrouvé, après deux années passées sur les routes de la planète, sa demeure et ses compagnons de l'âge d'Or néerlandais dans un Mauritshuis rénové et rouvert au public la semaine prochaine.

"La jeune fille à la perle est enfin de retour à la maison, là où elle est la plus belle", souligne à l'AFP Emilie Gordenker, directrice de ce petit musée de La Haye qui a subi un lifting de 30 millions d'euros pour e doubler sa surface.

"C'est magnifique de voir la collection de retour dans ce bâtiment rénové, plus splendide que jamais", ajoute Mme Gordenker, assurant que la "Jeune fille à la perle" est devenue "la Joconde du Nord".

A Bologne ou New-York, la toile, qui a notamment inspiré un roman et un film avec l'actrice américaine Scarlett Johansson, avait provoqué une véritable frénésie.

En 2012 à Tokyo, l'exposition composée des pièces prêtées par le Mauritshuis pendant les deux années de travaux de rénovation avait attiré près de 800.000 visiteurs, battant tous les records de fréquentation.

Cette petite huile de 45 cm sur 40, peinte vers 1665, ne cesse de fasciner et d'intriguer depuis trois siècles.

"Il y a quelque chose de très spécial à propos de cette toile, qui ressemble d'une certaine manière au Mauritshuis, c'est petit et intime", assure la directrice.

Le musée, installé au centre de La Haye, près du parlement et du siège du gouvernement, occupe une ancienne maison de maître achevée en 1644 pour le comte Johan Maurits de Nassau Siegen.

Le visiteur qui se promène dans ces pièces parfois étroites disposées en carré autour d'un escalier magistral a l'impression de pénétrer dans une demeure particulière. Cet ancien bâtiment classique est désormais complété par un bâtiment art déco, loué au club de gentlemen voisin, abritant une bibliothèque et les expositions temporaires.

Les deux bâtiments ont été reliés sous la rue par un atrium, inondé de lumière naturelle. Les salles, elles, sont équipées d'éclairages LED.

"Le Louvre a été une bonne source d'inspiration", a confié à l'AFP l'architecte responsable des rénovations, Hans van Heeswijk : "nous avons construit un atrium clair et lumineux pour que les visiteurs puissent s'y sentir comme à la maison".

-"Le chardonneret", l'autre perle du Mauritshuis-

Si l'attraction incontestée du musée, qui espère accueillir plus de 1.000 visiteurs par jour, reste la toile de Vermeer, le "Chardonneret" (1654) de Carel Fabritius, élève de Rembrandt et maître de Vermeer, a pris une place essentielle dans cette petite collection rassemblant les pièces maîtresses de l'âge d'or néerlandais.

Vedette d'un roman homonyme par Donna Tartt, récompensé d'un prix Pulitzer, cette toile représente un petit oiseau à l'aile dorée attaché par une chaînette. Installée entre deux fenêtres, elle est désormais illuminée par le ciel bas du Nord, si bien représenté dans la "Vue de Delft" de Vermeer, accroché dans la pièce voisine.

"Nous nous attendons à ce qu'il y ait beaucoup de personnes qui viennent uniquement pour ce tableau, nous lui avons donc donné la place qu'il mérite", assure Mme Gordenker.

Plusieurs autoportraits de Rembrandt et sa célèbre "Leçon d'anatomie du docteur Nicolaes Tulp" (1632), le "Taureau" (1647) de Paulus Potter ou la "Société joyeuse (la famille du peintre)" (1665) de Jan Steen sont également accrochés aux murs recouverts de soie française.

A l'époque de l'âge d'or néerlandais (1584-1702), les Pays-Bas dominaient le commerce mondial et la richesse du pays permettait aux nouveaux bourgeois de commander de nombreux tableaux, portraits ou paysages, et de se démarquer des thèmes religieux chers à la Renaissance italienne.

Le musée rouvrira officiellement ses portes au public le 27 juin, après une cérémonie officielle avec le roi Willem-Alexander.

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