DIVERTISSEMENT

FrancoFolies: Viva! Catherine Ringer

20/06/2014 01:39 EDT | Actualisé 20/06/2014 01:39 EDT
David Kirouac

MONTRÉAL - La géniale Catherine Ringer est arrivée sur la scène du Théâtre Maisonneuve accompagnée de nouveaux amis. Or, ce n’est ni avec son Frédéric Chichin (décédé) des Rita Mitsouko ni avec la bande de musiciens avec laquelle elle a continué à offrir notamment la musique de ce mythique groupe rock français. Cette fois, c’est avec deux des membres fondateurs du groupe franco-suisse-argentin Gotan Project, Eduardo Makaroff et Christoph H. Müller, qu’elle montait sur les planches, jeudi soir, pour présenter cette musique fusion tango-pop sensuelle et souriante de Plaza Francia.

La soirée a commencé de belle façon avec une prestation instrumentale qui donnait le ton. Outre Müller, l’homme aux claviers et aux machines, et Makaroff, aux guitares, le trio était bonifié d’un bandonéoniste et d’un contrebassiste.

Après deux minutes de jeu, Ringer s’est avancée gracieusement au devant de la scène pour interpréter La Mano Encima. En quelques instants, elle a démontré toute son aisance sur les planches. Avec des gestes à l’amplitude théâtrale, elle a capté l’attention de la totalité des spectateurs présents dans cette salle comble de la Place des Arts.

Pratiquement dans le même ordre que sur le récent album de Plaza Francia intitulé A New Tango Song Book, le quintette a offert Secreto, Timidez (sur cette pièce plus douce que les deux précédentes, le bandonéon est mélancolique), La Mision (Ringer s’amuse en effectuant de jolis pas de danse), Invisible, l’instrumentale Queremos Paz (de l’album La revancha del tango de Gotan Project) puis Memoria Del Placer, morceau plus pop sur lequel on entend des basses plus marquées et une voix échantillonnée qui passe à l’occasion.

À No Hay Perdon, l’amour a pris toute la place. Ringer a été superbe ici. Main sur le cœur, elle a chanté avec conviction. Elle adore la scène et son corps l’exprime toujours aussi bien. Tout semble si naturel quand elle bouge, que ce soit la main, la jambe ou les hanches. Tout ça même sans être une pro du tango. La grâce, quoi. À la fin du morceau, les applaudissements ont d’ailleurs fusé dans le théâtre.

«Caliente»

Alors que Catherine Ringer a quitté la scène pour la pièce Triptico (de Gotan Project), les gars se sont payé un petit trip instrumental fort réussi. Notons le «gros buzz» (c’est relatif) de guitare électrique de Makaroff, qui se débrouille également très bien sur scène.

Étrange, toutefois, on avait envie de troquer une bonne vieille batterie contre les sons synthétiques des instruments de Müller, qui modernise un tantinet trop les arrangements organiques du groupe. Impression renouvelée au cours de quelques autres morceaux. En fait, c’est la qualité des basses qui laissait surtout à désirer, comme s’ils avaient été négligés au préalable.

Pour la prochaine chanson, Cenizaz, Ringer est apparue dans une robe rouge à paillettes dorées scintillantes. Du coup, elle est devenue plus «fatale», plus «caliente».

La pièce suivante, Vueltas En El Aire, a donné l’occasion à la chanteuse de changer un brin de genre musical grâce à une valse à trois temps. Bien joli.

Juste après, Libertango a libéré toutes les basses de la pop moderne et de la musique électronique pour brasser les bases du tango traditionnel. En intro, il était touchant de voir Ringer et Makaroff danser le fameux tango. Ce morceau de l’Argentin Astor Piazzolla a par ailleurs chatouillé les jambes de nombreux spectateurs.

Ajoutons à cela quelques chansons au rappel, dont Santa Maria (autre composition de Gotan Project) et la délicieuse Marcia Baila, et nous pouvons dire sans trop nous tromper que ce concert a ravi les Montréalais par son exotisme, sa candeur et son romantisme.

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