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France: poursuite de la grève des intermittents du spectacle, festivals menacés

20/06/2014 10:15 EDT | Actualisé 20/08/2014 05:12 EDT

Le syndicat CGT-Spectacle, fer de lance du mouvement des intermittents du spectacle en France, a appelé vendredi à poursuivre la grève en juillet, faisant peser une lourde menace sur les festivals d'été, en premier lieu celui d'Avignon.

La colère des intermittents n'a pas été désamorcée par le "geste d'apaisement" du Premier ministre Manuel Valls. Il a annoncé jeudi soir la prise en charge provisoire par l'Etat du montant des indemnités qui ne leur seraient plus versées en vertu de la nouvelle convention nationale d'assurance-chômage, le temps de remettre à plat le système de l'intermittence.

M. Valls a, en effet, opposé une fin de non-recevoir à la principale revendication des intermittents,à savoir le retrait de cette convention signée entre le patronat et certains syndicats, et qui doit entrer en vigueur le 1er juillet.

"Si le gouvernement ne nous entend pas pour sortir un plan d'apaisement équilibré et durable qui prenne en compte nos propositions, l'été ne se passera pas normalement", a mis en garde le syndicat. Il a déposé un préavis de grève couvrant tout le mois de juillet et appelé à une "grève massive" le 4 juillet, jour de l'ouverture du célèbre festival de théâtre d'Avignon.

Cette annonce a fait resurgir le spectre de l'été 2003, quand de nombreux festivals, dont celui d'Avignon, avaient été annulés à la suite d'un précédent mouvement.

L'accord sur l'assurance chômage destiné à renflouer un système déficitaire durcit les conditions d'indemnisation spécifiques aux quelque 112.000 intermittents - techniciens et artistes - qui en bénéficient actuellement. Elle augmente les cotisations versées, limite les possibilités de cumuler emploi et allocations et allonge le délai de carence entre la fin d'un emploi et le début du versement d'une allocation.

Le Premier ministre a annoncé que cette mesure, la plus contestée, serait provisoirement "neutralisée" par l'Etat.

Mais il a souligné qu'il était "inenvisageable" pour le gouvernement de ne pas ratifier "un accord majoritaire signé par des syndicats et le patronat", alors qu'il a fait du dialogue social le fer de lance de sa politique.

"L'assurance chômage n'est pas une subvention culturelle" et n'a pas à être prise en charge par l'Etat, a rétorqué la CGT. En outre, cette mesure ne donne aucune garantie sur la suite. Manuel Valls a confié à une équipe la mission de remettre à plat le système de l'intermittence avec l'ensemble des acteurs concernés (partenaires sociaux, Etat, intermittents, parlementaires...) d'ici la fin de l'année.

Le Medef, principale organisation patronale a regretté vendredi "que le gouvernement ait cédé à la pression et s'engage dans une nouvelle dépense, par ailleurs inéquitable, au moment même où des efforts sont demandés à tous les chômeurs".

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