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L'Ukraine va sceller son rapprochement avec l'UE

19/06/2014 11:49 EDT | Actualisé 19/08/2014 05:12 EDT

Le président ukrainien Petro Porochenko signera le 27 juin le dernier volet d'un accord d'association historique avec l'Union européenne l'éloignant du giron russe tandis que Moscou, selon l'Otan, a renforcé sa présence militaire à la frontière.

Investi jeudi par le parlement, le nouveau chef de la diplomatie ukrainienne, Pavlo Klimkine, présentera le plan de Kiev pour mettre fin à l'insurrection séparatiste prorusse dans l'Est devant les ministres européens des Affaires étrangères réunis lundi au Luxembourg.

Le président pro-occidental Porochenko devrait inaugurer ce plan de paix en ordonnant sous peu un cessez-le-feu unilatéral, une mesure provisoire pour permettre aux rebelles de déposer les armes. Moscou l'a qualifié de "bonne proposition", mais a réclamé des négociations avec les séparatistes.

Alors que les combats continuent dans la région industrielle russophone du Donbass, l'OSCE a annoncé jeudi avoir pu établir un contact avec ses observateurs portés disparus depuis la fin mai dans l'est, précisant que tous sont "sains et saufs".

- Accord historique avec l'UE -

Le volet économique d'un accord d'association avec l'UE sera signé le 27 juin à Bruxelles, a annoncé M. Porochenko.

L'Ukraine devait -comme la Géorgie et la Moldavie- signer cet accord de libre-échange en novembre, mais le président ukrainien de l'époque Viktor Ianoukovitch avait fait volte-face sous la pression de Moscou, déclenchant la crise qui a conduit à sa chute et au rattachement de la Crimée à la Russie en mars.

Le gouvernement par intérim que préside le Premier ministre Arseni Iatseniouk avait signé le volet politique de cet accord à Bruxelles le 21 mars : il reconnaissait notamment "les aspirations du peuple ukrainien à vivre dans un pays fondé sur des valeurs, la démocratie et l'Etat de droit".

L'accord réduit à néant les espoirs de Moscou d'attirer l'Ukraine dans l'Union économique eurasiatique qu'elle a commencé à instaurer avec d'anciennes républiques soviétiques, telles que le Bélarus et le Kazakhstan.

Dans ce contexte et tandis que l'arrivée de Pavlo Klimkline a été saluée par Moscou, le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, a condamné jeudi un "nouveau renforcement" de la présence militaire russe à la frontière avec l'Ukraine, qu'il a qualifié de "pas en arrière regrettable".

"Je peux confirmer que nous assistons à un nouveau renforcement de la présence militaire russe. Plusieurs milliers de soldats russes sont déployés à la frontière de l'Ukraine et nous constatons des manoeuvres militaires dans le voisinage de l'Ukraine", a-t-il déclaré à Londres.

Dans l'Est, les combats ont endommagé les conduites d'eau, entraînant depuis deux jours un strict rationnement de la distribution d'eau aux habitants.

- "Bonne chance" -

Le parlement a massivement approuvé jeudi la nomination au poste de ministre des Affaires étrangères, annoncée la veille, de Pavlo Klimkine, 46 ans. Ambassadeur en Allemagne, il représentait Kiev jusqu'à présent dans les négociations en cours avec la Russie en vue d'un apaisement de la situation, avec la médiation de l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe).

La Russie a affirmé être "prête à travailler" avec le nouveau chef de la diplomatie, a indiqué le chef adjoint de la diplomatie russe, Grigori Karassine, cité par l'agence de presse RIA Novosti, souhaitant "bonne chance" à "l'un des diplomates ukrainiens les plus expérimentés".

La Russie réclamait depuis le week-end dernier la démission du prédécesseur de M. Klimkine, Andriï Dechtchitsa, à l'origine d'un tollé diplomatique entre Kiev et Moscou après avoir lâché un "Poutine connard" pour calmer des manifestants dans la capitale ukrainienne.

"Les tâches qui lui incombent seront difficiles (...) : la fin de l'opération militaire dans le Sud-Est et le début d'un large dialogue impliquant sans exception des représentants du Sud, de l'Est, du Centre et de l'Ouest pour que prévalent les idées de décentralisation du pouvoir, les idées de respect de la langue russe et de toutes les nationalités en Ukraine", a ajouté M. Karassine.

Les députés ukrainiens ont aussi donné leur feu vert à la nomination, pour la première fois, d'une femme à la tête de la banque centrale et d'un nouveau procureur général, deux figures clés de l'administration du président pro-occidental Petro Porochenko.

Valeria Gontareva, 49 ans, devra "garantir la stabilité monétaire du pays et protéger l'épargne de la population ainsi que garantir la bonne conduite du système bancaire ukrainien", a commenté un analyste du groupe de réflexion Razoumkov, Vassil Iourtchichine.

En profonde récession, l'Ukraine vient d'être sauvée de la faillite par un plan d'aide massif, dont un crédit du Fonds monétaire international, et doit faire face à la coupure du gaz par la Russie depuis lundi.

Agée de 49 ans, Mme Gontareva a travaillé au sein d'institutions financières internationales dans son pays pendant près de 20 ans et a occupé de hautes fonctions dans des branches locales de banques étrangères, dont la Française Société Générale.

Quant au nouveau procureur général, Vitali Iarema, Petro Porochenko a lancé aux députés avant leur vote : "Si vous soutenez cette idée (de le nommer), aujourd'hui deviendra un jour noir pour le crime en Ukraine".

Agé de 50 ans, M. Iarema était Premier ministre adjoint et responsable de la coordination des forces de défense ukrainiennes.

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