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La probabilité d'une gigantesque mine d'or canadienne en Roumanie s'amenuise (IBEI)

19/06/2014 09:35 EDT | Actualisé 19/08/2014 05:12 EDT

La probabilité de l'ouverture d'une gigantesque mine d'or par une société canadienne dans un village de Roumanie connu pour ses vestiges romains "s'amenuise rapidement", a estimé jeudi un responsable de l'Institut de la Banque européenne de développement (BEI).

"La probabilité et la menace d'activités minières à ciel ouvert dans le village de Rosia Montana s'amenuisent rapidement", a déclaré à Bucarest Guy Clausse, doyen de cet Institut dépendant de la BEI à l'issue d'une mission en Roumanie.

L'Institut et la fédération des organisations européennes de défense du patrimoine, Europa Nostra, estiment que le projet de la société canadienne Gabriel Resources d'ouvrir la plus grande mine à ciel ouvert d'Europe à Rosia Montana "posent une sérieuse menace" à un site romain "d'une importance européenne et mondiale unique".

Gabriel Resources compte parmi ses actionnaires des grands noms de l'industrie minière mondiale dont le groupe du milliardaire franco-israélien Beny Steinmetz, BSGR actuellement visé par deux procédures judiciaires aux Etats-Unis pour corruption lors de l'attribution d'une concession minière en Guinée.

Rosia Montana était un important site d'extraction d'or pour l'empire romain comme en témoignent de vastes galeries souterraines romaines qui seraient en partie détruites si le projet de Gabriel Resources voyait le jour.

"L'héritage culturel romain de l'Europe n'est pas constitué que par les temples et les colonnes. Les fortifications et les mines comme Rosia Montana sont aussi importantes", a souligné Costa Carras, vice-président d'Europa Nostra.

L'Institut de la BEI et Europa Nostra se sont dits prêts à soutenir un nouveau modèle de développement durable pour cette région, basé sur la culture et le tourisme entre autres.

Le gouvernement du Premier ministre Victor Ponta avait tenté à l'automne de faire voter un projet de loi ouvrant la voie à l'ouverture rapide de cette mine controversée qui prévoit d'utiliser des milliers de tonnes cyanure.

Mais à la suite de manifestations ayant réuni des dizaines de milliers de personnes durant un mois, le gouvernement avait fait marche arrière et les parlementaires ont rejeté le texte.

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