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Iran: un universitaire condamné pour "propagande" et "insulte" à la Justice

19/06/2014 08:53 EDT | Actualisé 19/08/2014 05:12 EDT

Un universitaire iranien a été condamné à 18 mois de prison pour avoir remis en question les acquis du programme nucléaire controversé de Téhéran et s'être interrogé sur la condamnation à mort d'un banquier coupable d'escroquerie.

Sadegh Zibakalam, professeur de sciences politiques à l'Université de Téhéran et analyste politique connu, a indiqué sur sa page Facebook avoir été condamné pour "propagande contre le système", avoir "répandu des rumeurs" et avoir "insulté le pouvoir judiciaire".

M. Zibakalam, a dit avoir fait appel de ces deux condamnations, sans préciser quand elles avaient été prononcées.

L'universitaire, âgé de 66 ans, s'était demandé "ce que le (programme) nucléaire a apporté au pays", dans deux courriers envoyés à des responsables iraniens opposés à l'accord intérimaire signé en novembre entre les grandes puissances et l'Iran.

L'accord de six mois, qui a gelé une partie des activités nucléaires iraniennes en échange d'une levée partielle des sanctions, est dénoncé par les milieux conservateurs iraniens, notamment par les destinataires des lettres, le rédacteur en chef du quotidien Kayhan, Hossein Shariatmadari, et le député Hamid Rasaie.

"Alors que je défendais les efforts du gouvernement pour résoudre la crise nucléaire, j'ai demandé ce que le (programme) nucléaire a apporté au pays en terme de progrès, de développement et de croissance économique", a expliqué l'analyste.

Depuis une décennie, l'Occident et Israël soupçonnent l'Iran de vouloir se doter de l'arme atomique sous couvert de programme nucléaire civil, mais Téhéran a toujours affirmé que ses activités étaient purement pacifiques. Des sanctions internationales, puis un embargo pétrolier et financier des Etats-Unis et de l'Union européenne ont provoqué une grave crise économique dans le pays.

Ce professeur à l'Université de Téhéran soutient le président Hassan Rohani, qui a relancé les négociations avec les grandes puissances après plusieurs années de blocage. Il était également très critique sur la politique de l'ex-président conservateur Mahmoud Ahmadinejad.

Les autres condamnations concernent ses critiques sur la peine de mort rendue à l'encontre d'un banquier iranien, reconnu coupable d'une escroquerie de 2,6 milliards de dollars.

Mahafarid Amir Khosravi avait été pendu fin mai pour son implication dans cette affaire, le plus gros scandale financier de l'histoire de la République islamique, révélée en 2011.

L'Autorité judiciaire est contrôlée par les conservateurs.

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