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GB: l'ex-président libérien Taylor demande à purger sa peine au Rwanda

19/06/2014 07:31 EDT | Actualisé 19/08/2014 05:12 EDT

L'ex-président libérien Charles Taylor, condamné en 2012 à 50 ans de prison pour crimes contre l'humanité en Sierra Leone et incarcéré en Angleterre, a demandé à être transféré au Rwanda pour se rapprocher de sa famille, a annoncé jeudi son avocat.

La requête de Charles Taylor, 65 ans, auprès du Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL) a été reçue le 13 juin, selon le document disponible sur le site du tribunal.

"Le Royaume-Uni et le TSSL sont conjointement et individuellement responsables de la violation du droit à une vie familiale de M. Taylor mais aussi des membres de sa famille (...) Une solution immédiate est possible pour mettre fin à cette violation : transférer M. Taylor au Rwanda", indique le document rédigé par ses deux avocats.

"Le Royaume-Uni a entravé les visites" de sa famille, "en refusant d'accorder des visas à sa femme et à deux de ses plus jeunes filles", dénoncent-ils.

Charles Taylor, condamné pour crimes contre l'humanité commis pendant la guerre civile en Sierra Leone (1991-2002), avait été transféré le 15 octobre 2013 des Pays-Bas vers la prison de Frankland, un centre pénitentiaire de haute sécurité près de Durham (nord-est de l'Angleterre).

"Depuis huit mois qu'il se trouve au Royaume-Uni, il n'a reçu aucune visite de sa femme et de ses enfants", avait affirmé l'un de ses avocats, John Jones, un peu plus tôt sur la BBC. Les officiers britanniques de l'immigration bloquent "les visites de sa famille car ils craignent qu'elle ne rentre pas au Liberia", avait-il dénoncé.

Un porte-parole du ministère britannique des Affaires étrangères a répondu que Charles Taylor "et sa famille disposent des mêmes droits de visite que n'importe quel prisonnier au Royaume-Uni" et que l'ex-président libérien était "détenu dans des conditions décentes".

La femme de Charles Taylor, Victoria Addison Taylor, avait en novembre dénoncé le sort de son mari, affirmant qu'il était emprisonné avec "des terroristes et autres criminels britanniques de droit commun" et "humilié" quotidiennement.

Charles Taylor, président du Liberia de 1997 à 2003, a été le premier ex-chef d'Etat condamné par la justice internationale depuis le tribunal militaire de Nuremberg, qui avait jugé les dignitaires nazis au lendemain de la Seconde guerre mondiale.

Il a été reconnu coupable d'avoir aidé et encouragé une campagne de terreur visant à obtenir le contrôle de la Sierra Leone en fournissant armes, munitions et autres aides logistiques aux rebelles du Front révolutionnaire uni (RUF) en échange de diamants.

La guerre civile en Sierra Leone, l'une des plus atroces de l'histoire récente en Afrique, a fait 120.000 morts et des milliers de civils mutilés.

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