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Depuis début 2014, 9.000 mineurs ont débarqué par mer en Italie (ONG)

19/06/2014 04:03 EDT | Actualisé 18/08/2014 05:12 EDT

Depuis le début de l'année, 9.000 mineurs, dont un tiers non accompagné d'adultes, particulièrement exposés à l'exploitation par des réseaux criminels, ont débarqué en Italie sur plus de 58.000 clandestins arrivés par mer, a dénoncé jeudi l'ONG "Save The Children".

3.160 mineurs voyageant sans famille sont arrivés en Italie, principalement sur les côtes de Calabre et de Sicile, entre le 1er janvier et le 17 juin, selon l'ONG.

Au total, 9.000 enfants et adolescents de moins de 18 ans ont débarqué de bateaux de fortune que les passeurs sans scrupule proposent pour la traversée, souvent à partir des côtes libyennes.

5.300 femmes ont aussi fait la traversée, ajoute l'association dans un rapport publié à la veille de la "Journée mondiale du réfugié" et consacré plus spécifiquement au sort des Syriens fuyant la guerre, et intitulé "La dernière plage. De la Syrie à l'Europe, pour fuir la guerre".

"Save The Children" a révélé qu'une majorité des enfants accompagnés sur ces bateaux, la plupart d'âge très jeune -- en moyenne cinq ans --, étaient syriens. Certains arrivent en Italie après de longues odyssées, avec des étapes en Libye, où ils ont été exposés aux "persécutions, vols, menaces et violences".

L'ONG cite le cas d'un bateau arrivé récemment, où, sur 488 migrants à bord, 171 étaient des mineurs, dont 141 étaient des petites filles et des petits garçons syriens voyageant avec un de leurs parents.

La plupart des familles syriennes qui débarquent en Italie "sont de la classe moyenne, des hommes d'affaires, des commerçants, des agriculteurs" qui ont quitté la Syrie il y a un an ou deux, transitant souvent par le Liban et l'Egypte au prix d'un voyage très onéreux "dans des conditions précaires".

"En Libye, nous avons été maltraités, ils nous ont dit de partir (...) Nous avons décidé de nous en aller et de mourir en mer plutôt que de continuer à vivre l'enfer", a témoigné Nadia, 15 ans, originaire de Homs.

Le sort des mineurs non accompagnés inquiète particulièrement les organisations humanitaires, notamment catholiques. La crainte de ces ONG est qu'ils tombent dans les griffes des mafias et soient victimes de trafics, notamment celui d'organes.

Début juin, l'ONG avait estimé qu'un tiers des mineurs enregistrés à leur arrivée en Italie disparaissaient dans la nature.

Le commissaire italien pour les disparus, Vittorio Piscitelli, avait affirmé en avril que les mineurs manquant à l'appel "pouvaient tomber entre les mains de trafiquants, ou de groupes pédophiles. Et nous ne devons pas occulter la pratique abominable du trafic d'organes".

Raffaele Milano, directeur de programme de "Save the Children Italy", a estimé qu'"une solution devait être trouvée pour éviter que d'autres enfants non accompagnés quittent les centres d'accueil, devenant invisibles et s'exposant au risque de l'exploitation et de la violence".

En raison d'une météo favorable et de l'insécurité croissante dans leur pays d'origine mais également en Libye où ils transitent, des milliers d'immigrés et réfugiés - Syriens, Erythréens, Centrafricains, habitants pauvres d'autres pays d'Afrique subsaharienne - débarquent sur les côtes italiennes.

L'Italie demande à l'UE et aux pays du nord de l'UE une plus grande solidarité dans l'effort d'accueil des immigrés. Selon les experts, des centaines de milliers de personnes pourraient chercher à rejoindre l'Europe à partir des côtes africaines.

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