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Alstom : le patron de General Electric fait le forcing à Paris avec une offre améliorée

19/06/2014 12:26 EDT | Actualisé 19/08/2014 05:12 EDT

Le ballet des prétendants à un mariage avec le fleuron industriel français Alstom s'est intensifié jeudi avec le retour à Paris du patron de General Electric, qui a en poche une version améliorée de son offre pour damer le pion à Siemens et Mitsubishi.

Jeff Immelt, patron de GE, avait dans ses bagages une nouvelle proposition censée renforcer son offre initiale de 12,35 milliards d'euros au comptant pour les activités énergie d'Alstom : trois coentreprises à parité (turbines à vapeur, réseaux et énergies renouvelables), et une cession au Français de son activité de signalisation, selon un communiqué diffusé par l'Américain.

Le siège de quatre activités (réseaux, éolien en mer, hydro-électrique et turbines à vapeur) sera localisé en France, a en outre promis GE. Cette offre améliorée court jusqu'au 23 juin.

"Cette alliance va renforcer la présence de la France dans le secteur de l'énergie, tout en consolidant l'activité transport d'Alstom", a commenté M. Immelt, qui a rencontré responsables politiques et syndicalistes à Paris dans la journée, dans le communiqué.

"Elle créera des emplois, permettra la mise en place de centres de décision mondiaux en France et fera perdurer le nom d'Alstom", a-t-il poursuivi, en écho aux préoccupations du gouvernement français qui a fait monter les enchères ces dernières semaines.

Une rencontre de l'Américain vendredi avec François Hollande a également été évoquée par deux sources proches des discussions, ce que l'Elysée n'a pas confirmé pour le moment.

Le retour à Paris du patron de GE, initialement attendu le 23 juin, pour l'expiration de l'offre du groupe américain, a été précipité par l'entrée en scène en début de semaine de Siemens et Mitsubishi Heavy Industries (MHI).

Le tandem germano-nippon a dévoilé lundi une offre combinant achat partiel et alliances industrielles et s'emploie depuis à convaincre le gouvernement de sa supériorité.

L'offre Siemens/MHI prévoit un achat par Siemens des turbines à gaz d'Alstom et, elle aussi, la création de trois coentreprises entre le Français et MHI, et une prise de participation du Japonais dans Alstom. Les engagements sur l'emploi (création de 1.000 postes et de 1.000 places d'apprentissage) sont proches de ceux pris par GE.

- "Ni américain, ni martien" -

Reçu à l'Elysée dès mardi, le patron de Siemens, Joe Kaeser, devait à nouveau rencontrer jeudi après-midi le ministre Arnaud Montebourg, puis les syndicats d'Alstom, a indiqué le ministère de l'Economie à l'AFP.

Un conseil d'administration d'Alstom devrait être convoqué pour lundi afin de trancher, selon une source proche du dossier.

GE, pour qui ce serait l'opération la plus grosse de son histoire, propose entre autres une alliance à 50-50 dans les turbines à vapeur. Mais, pour faire taire les inquiétudes de Paris sur le nucléaire, GE accorderait à l'Etat français un droit de veto dans le domaine de la sécurité et "des droits de gouvernance spécifiques".

Reste aussi la question du sort des activités transport d'Alstom, son autre grand pôle qui chapeaute entre autres le TGV. Siemens a laissé entrevoir la constitution, une fois le volet énergie bouclé, d'une alliance franco-allemande dans ce domaine, qui répondrait à une volonté politique.

En attendant, les syndicats français se montraient circonspects. "Qu'il soit américain, japonais ou martien, on n'en veut pas. Il ne s'agit pas de choisir entre tel ou tel prédateur", a déclaré Christian Garnier, délégué syndical d'Alstom.

Alstom emploie 18.000 personnes en France, sur un total de 90.000 dans le monde.

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