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USA/Fed: statu quo monétaire attendu mais nouvelles prévisions économiques

18/06/2014 10:09 EDT | Actualisé 18/08/2014 05:12 EDT

Le Comité monétaire de la Banque centrale américaine achève mercredi une réunion de deux jours et devrait sans surprise décider de poursuivre la réduction de son soutien à l'économie, mais les marchés sont à l'affût d'indications sur l'évolution des taux à l'avenir.

"Le Comité de politique monétaire (FOMC) a repris sa réunion à 09H00 (13H00 GMT) comme prévu", a indiqué mercredi un porte-parole de l'institution monétaire.

Le FOMC publie à 18H00 GMT un communiqué et doit dévoiler ses nouvelles prévisions économiques trimestrielles, très attendues par les marchés.

La présidente de la Banque centrale des Etats-Unis (Fed), Janet Yellen, tient dans la foulée sa deuxième conférence de presse depuis qu'elle a pris ses fonctions en février.

Il est attendu que la Fed poursuive sur sa lancée qui la conduira à clore à la fin de l'année son troisième programme d'expansion monétaire.

Elle devrait ainsi annoncer une nouvelle réduction de 10 milliards de dollars sur ses achats d'actifs destinés à soutenir la reprise, pour les porter à 35 milliards de dollars mensuels. Les taux, maintenus autour de zéro depuis la crise financière fin 2008, devraient rester à ce niveau.

Les investisseurs seront très attentifs aux nouvelles prévisions économiques de la Banque centrale, notamment sur la croissance alors que le Fonds monétaire international (FMI) a drastiquement réduit lundi sa projection d'expansion de la première économie mondiale à 2% en 2014.

Selon Joseph LaVorgna de Deutsche Bank, "le PIB (produit intérieur brut, ndlr) 2014 sera révisé en baisse mais aussi le taux de chômage". La Fed prévoyait jusqu'ici une croissance entre 2,8% et 3% pour l'année en cours.

- Quelle normalisation? -

La présidente de la Fed se verra aussi demander quand interviendra une première hausse des taux.

Lors de sa première prise de parole après une réunion du FOMC en mars, elle avait admis qu'une hausse des taux était envisageable à l'issue d'une "période de temps considérable", après la fin du programme d'achats d'actifs, ce qui avait été interprété comme à la mi-2015.

Depuis, l'économie, sortie de la torpeur d'un hiver particulièrement rigoureux, a donné des signes contrastés. Le taux de chômage est tombé plus rapidement que ne le prévoyait la Fed à 6,3%, mais le nombre de chômeurs de longue durée est à un niveau historique et les emplois à temps partiel très nombreux.

L'inflation commence à remonter vers la cible de la Fed qui vise 2% à moyen terme. L'indice des prix à la consommation CPI a atteint 2,1% sur un an en mai et 1,6% selon l'indice PCE, référence de la Fed.

"Ces données vont clairement décourager les représentants de la Fed de donner à leur message d'orientation monétaire une allure encore plus +colombe+", assurait Jim O'Sullivan de High Frequency Economics, faisant référence à une politique monétaire expansionniste qui privilégie la lutte contre le chômage au détriment de l'inflation.

Ce n'est pas l'avis du FMI qui trouve qu'une politique monétaire très accommodante est encore de mise pour un certain temps. L'institution estime que "les taux peuvent se permettre de rester proches de zéro au-delà de la date de la mi-2015 actuellement envisagée par les marchés".

Les observateurs auront aussi les yeux rivés sur la publication par la Fed de ses traditionnels graphiques où chaque membre du FOMC évalue, au moyen d'un point sur une abscisse et une ordonnée, où se situeront les taux d'intérêt dans les deux années à venir.

Ils attendent par ailleurs des indications sur la façon dont la Fed entend revenir à une "normalisation" de la politique monétaire, en particulier sur le sort des bons du Trésor achetés massivement par la Banque centrale et arrivant à maturité. Jusqu'ici, la Fed a indiqué dans son communiqué qu'elle comptait en réinvestir le principal, poursuivant ainsi son soutien monétaire.

Le FOMC compte trois nouveaux membres depuis sa dernière réunion. Stanley Fischer, ancien gouverneur de la Banque d'Israël et ex-numéro deux du FMI, a été nommé vice-président de la Fed. Il est rejoint par Loretta Mester, la nouvelle présidente de la Fed de Cleveland, membre votant cette année, et par Lael Brainard, ancienne sous-secrétaire au Trésor.

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