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Mondial-2014: la fête du "futebol" lancée (presque) sans fausse note

18/06/2014 05:25 EDT | Actualisé 18/08/2014 05:12 EDT

Manifestations de masse, stades pas finis, aéroports engorgés, insécurité diffuse? Rien de tout ça. Une semaine après le début du Mondial, la fête du "futebol" a été lancée sans fausse note, malgré l'ombre lointaine de Boko Haram et ces 21 fans tués par une bombe en regardant Brésil - Mexique au Nigeria.

- Trêve du foot -

Depuis le 12 juin, les Brésiliens préfèrent visiblement vibrer pour la Seleçao cinq fois championne du monde, un pilier de l'identité nationale. Ils observent la trêve du foot et semblent avoir reporté leurs revendications aux élections générales du 5 octobre (présidentielle législatives, gouverneurs, sénatoriale partielle).

Ne subsistent que de petites manifestations, souvent émaillées de heurts avec la police, organisées en marge de la compétition pour dénoncer les 11 milliards de dollars puisés dans le Trésor public pour la construction des stades, plutôt que dans des hôpitaux, transports et écoles publiques défaillants.

S'ils débouchent souvent sur des tirs de grenades lacrymogènes, ces rassemblements animés par une frange de l'extrême-gauche peinent à mobiliser: 200 personnes en moyenne. Rien à voir avec les défilés monstres qui avaient ébranlé le géant émergent d'Amérique du sud en juin 2013, pendant la Coupe des Confédérations.

- Stades opérationnels-

Autre motif de soulagement pour la Fifa et le gouvernement brésilien: les stades des 12 villes hôtes, enfin prêts, encore qu'à la dernière minute pour certains.

Quelques hics ont cependant été relevés ça et là. La sonorisation défectueuse à Porto-Alegre a privé d'hymnes le match France-Honduras. La Fifa a dû s'excuser.

Les supporteurs se plaignent des interminables files d'attentes aux portiques de détection de métaux qui filtrent l'entrée des stades. Beaucoup ont ainsi raté le début du match Suisse-Equateur à Brasilia.

Enfin le réseau cellulaire est souvent défaillant dans les stades, comme dans tout le pays. Et les amateurs de "selfies" en sortent souvent déçus de n'avoir pu immortaliser le moment.

Satisfaction globale aussi en ce qui concerne les aéroports. Plusieurs terminaux sont et resteront en travaux bien après la fin du Mondial. Mais là encore, tout se déroule sans accroc majeur. Hormis quelques annulations et retards, parfois provoqués par les brumes matinales de saison. Selon l'aviation civile brésilienne, tout fonctionne même mieux que d'habitude.

Le soleil, les plages, le sens de l'hospitalité des Brésiliens ravit touristes et supporteurs qui affluent dans le pays. Selon les autorités, le cap fixé à 600.000 visiteurs sera atteint et même dépassé.

Epicentre de cette frénésie festive bon enfant, la célèbre plage de Copacabana à Rio. De nombreux fans y campent la nuit tombée. Pas de hooligan à l'horizon. Des vols et des cartes de crédit clonées, mais aucun supporteur violemment agressé.

Dans toutes les villes-hôtes, de Belo Horizonte à Fortaleza, en passant par Sao Paulo, Cuiaba et Salvador de Bahia, les "fan-fest" de la Fifa, concentrations de supporteurs devant des écrans géants, sont l'occasion pour Brésiliens et étrangers de communier au rythme du ballon rond.

- Triomphe du beau jeu -

Sur les pelouses, même celle sablonneuse de Manaus, dans la touffeur de l'Amazonie, le Mondial au pays du "futebol"-roi est une réussite. Zico, ancienne idole de la Seleçao, s'en félicite, entre "le public brésilien qui rend les gens heureux" et "beaucoup de buts fantastiques".

L'édition brésilienne est pour l'instant prolifique, 49 buts en 17 matches. Deux rencontres sans but ont fait chuter la moyenne, un triste Iran-Nigeria et, paradoxalement, un passionnant Brésil-Mexique.

Cette dernière rencontre a accouché d'un héros, le gardien mexicain Guillermo Ochoa, qui a écoeuré la Seleçao avec des arrêts magiques. Médias et twittosphère s'enflamment déjà et comparent son arrêt réflexe sur une tête de Neymar à la parade de légende de Gordon Banks face à Pelé au Mondial-1970.

Le tournoi a également livré des coups de théâtre incroyables. Qui aurait parié sur la chute de la Maison d'Espagne? La Roja, au triplé inédit Euro-2008/Mondial-2010/Euro-2012, a explosé d'entrée face aux Pays-Bas des Robin van Persie et Arjen Robben (1-5).

Si un gardien est né aux yeux du monde, un autre, l'Espagnol Iker Casillas, a vécu un avant-goût de crépuscule, coupable sur quatre des cinq buts encaissés par son équipe.

Une autre star est tombée de son piédestal: le Ballon d'Or 2013, Cristiano Ronaldo, passé à côté -comme son Portugal- face à une Allemagne sans complexe (4-0).

Zico voudrait une finale Brésil-Argentine, pour un nombre d'artistes maximal au mètre carré de pelouse, Pelé une finale Brésil-Uruguay, pour la revanche de 1950. Réponse le 13 juillet au Maracana.

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