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Libre-échange: les Etats-Unis veulent des "normes élevées et la sécurité alimentaire" (ministre de l'Agriculture)

18/06/2014 12:06 EDT | Actualisé 18/08/2014 05:12 EDT

Les Etats-Unis abordent le traité de libre-échange avec l'Europe avec l'ambition de garantir des "normes élevées et la sécurité alimentaire", a déclaré mercredi le ministre américain de l'Agriculture, alors que les négociations suscitent des inquiétudes en France.

"Malgré des systèmes différents, nous avons le même but: des normes élevées et la sécurité alimentaire (...) Notre objectif est le même: fournir des produits sûrs", a affirmé Thomas Vilsack lors d'une intervention à l'ambassade des Etats-Unis en France, à laquelle était conviée la presse.

"Il faut comprendre qu'il ne s'agit pas de vous forcer à adopter notre système ou de nous forcer à adopter le vôtre", a-t-il souligné.

Les négociations sur le futur traité suscitent des craintes en France, en particulier dans le monde agricole, autour de l'éventualité de l'arrivée de boeuf aux hormones, poulet chloré ou encore d'OGM dans la foulée de l'accord.

"Nous devons trouver un langage commun" sur la question des normes sanitaires, a plaidé M. Vilsack.

Pour le ministre, il ne peut s'agir de "mécanismes qui empêchent l'accès [à certains produits] mais qui encouragent le choix".

"Au final, le marché décidera, mais on ne doit pas enlever le choix aux consommateurs", a-t-il affirmé.

M. Vilsack a reconnu que la question des Indications géographiques protégées (IGP) était "l'un des défis des négociations, c'est un problème qui n'est pas encore résolu à l'heure actuelle".

Le modèle européen des IGP se trouve en effet confronté à celui des "trademarks" (marques commerciales) américaines, "un système qui aide à assurer la valeur d'un produit sans empêcher quelqu'un d'autre de le produire", a comparé le ministre.

Le sujet a également été évoqué lors d'un déjeuner de travail avec son homologue français Stéphane Le Foll, qui a expliqué que les IGP n'étaient "pas un protectionnisme" et coûtaient beaucoup moins cher à déposer dans le monde entier que les marques commerciales, a-t-il indiqué.

Pour les agriculteurs, le traité ne créera pas "une concurrence difficile", en raison de "l'énorme demande" alimentaire dans les pays émergents qui leur offrira des débouchés, a aussi voulu rassurer M. Vilsack.

Le ministre a estimé qu'il était "difficile de quantifier" l'augmentation des exportations agricoles qui pourrait résulter de l'accord, puisqu'il n'est pas encore signé.

Mais "les producteurs européens disposent d'un bon marché aux Etats-Unis, qui sera préservé", a-t-il promis.

Selon lui, le but des Etats-Unis et de l'Europe à travers ce traité est avant tout de "créer des emplois".

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