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Le spectre de l'Irak lors d'un hommage à l'ex-secrétaire d'Etat Condoleezza Rice

18/06/2014 08:10 EDT | Actualisé 18/08/2014 05:12 EDT

L'Irak était probablement dans toutes les têtes mercredi au département d'Etat, mais personne n'en a dit un mot lors d'un hommage rendu à l'ancienne secrétaire d'Etat Condoleezza Rice, l'une des avocates de l'invasion de l'Irak en 2003.

Mme Rice, qui fut conseillère à la sécurité nationale (2001-2005) puis chef de la diplomatie (2005-2009) du président républicain George W. Bush, était reçue en grande pompe par l'actuel locataire du département d'Etat, le démocrate John Kerry, qui a dévoilé en son honneur un portrait qui s'affichera au ministère aux côtés d'autres peintures d'illustres secrétaires d'Etat.

"Je sais que c'est une période très difficile", a dit Mme Rice, aujourd'hui professeur de sciences politiques à Stanford (Californie, ouest), ajoutant que certaines "époques semblent chaotiques et dangereuses".

Sans dire un mot du conflit en cours en Irak, ni de la guerre commencée en mars 2003, l'ancienne secrétaire d'Etat a rappelé que "parfois des gens disent que certains n'ont peut-être pas l'ADN de la démocratie, qu'ils ne sont peut-être pas prêts pour la démocratie".

Mais "je pense que nous Américains, plus que n'importe quel autre peuple, devons peut-être être un peu plus patients avec ceux qui se sont débarrassés de la tyrannie et qui tentent de trouver le chemin d'une démocratie stable", a ajouté Mme Rice, dans une allusion à l'Irak, qui revient hanter les Etats-Unis avec l'offensive d'ultra-radicaux sunnites menaçant Bagdad.

Face aux critiques qui continuent d'être adressées à l'administration Bush pour la guerre en Irak, l'ex-chef de la diplomatie a rétorqué devant un auditoire composé de républicains et de démocrates: "Je vous assure que les titres d'actualité d'aujourd'hui et les jugements de l'Histoire sont rarement les mêmes".

Son successeur John Kerry, opposant à la guerre en Irak, n'a, lui non plus, pas prononcé un mot sur le sujet, rappelant simplement dans son hommage que Mme Rice et lui étaient "différents".

Il a préféré saluer son rôle de conseillère du président George H.W. Bush (1989-1993), lors la chute du Mur de Berlin et la fin de la Guerre froide.

Et comme secrétaire d'Etat, Mme Rice "avait (...) compris quelles étaient les responsabilités" de l'Amérique, a loué M. Kerry, citant, entre 2005 et 2009, le rapprochement entre les Etats-Unis et l'Inde, l'amorce de dialogue avec l'Iran sur le nucléaire ou le processus de paix israélo-palestinien.

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