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L'Arabie saoudite met en garde contre une "guerre civile" en Irak

18/06/2014 04:21 EDT | Actualisé 17/08/2014 05:12 EDT

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Saoud Al-Fayçal, a mis en garde mercredi contre une "guerre civile" en Irak, qui déstabiliserait la région toute entière.

"La situation extrêmement dangereuse en Irak porte les prémisses d'une guerre civile dont on ne peut prévoir ni l'évolution ni les conséquences sur la région", a averti le chef de la diplomatie de la monarchie sunnite.

Le prince Saoud, qui prononçait un discours à l'ouverture d'une réunion de l'Organisation de la coopération islamique (OCI) à Jeddah, a de nouveau dénoncé la "politique confessionnelle et d'exclusion" des sunnites menée, selon Ryad, par M. Maliki.

Le gouvernement irakien a accusé mardi l'Arabie saoudite de soutenir financièrement les groupes insurgés sunnites menant une offensive en Irak et de s'être rangée du côté du "terrorisme".

Ces accusations sont intervenues au lendemain d'un communiqué extrêmement ferme du gouvernement saoudien, faisant porter à M. Maliki la responsabilité d'avoir conduit l'Irak au bord du gouffre par sa politique d'exclusion des sunnites.

En une semaine, les insurgés sunnites dont des combattants de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) ont pris le contrôle de la deuxième ville irakienne, Mossoul, d'une grande partie de sa province Ninive (nord), de Tikrit et d'autres secteurs des provinces de Salaheddine, Diyala (est) et Kirkouk (nord).

A propos de la Syrie, le prince Saoud a estimé que la crise dans ce pays avait pris un "tournant dangereux" après l'échec de la conférence de paix dite Genève-II début 2014.

"Il y a plus de violences et plus de génocides commis par le régime" et "une diminution des chances de parvenir à un accord politique", a-t-il dit.

"La situation pourrait se dégrader davantage (...) si la communauté internationale ne prend pas une position ferme pour mettre fin aux massacres", a averti le chef de la diplomatie saoudienne.

Le ministre saoudien, dont le pays soutient la rébellion en guerre contre le régime du président Bachar al-Assad, a enfin appelé à armer "les Syriens de manière à leur permettre de se défendre" et à apporter une assistance humanitaire aux civils affectés par le conflit.

L'agence syrienne officielle Sana a dénoncé ces propos accusant la famille royale saoudienne d'"ignorer les principes de la démocratie et (..)d'exécuter les ordres de leurs maîtres aux Etats-Unis et en Israël".

Le ministre saoudien a répété ses "hallucinations" à propos de la crise en Syrie, a poursuivi Sana accusant Ryad d'"entraver toute solution politique en Syrie en continuant d'envoyer des armes et des terroristes pour qu'ils commettent leurs crimes et détruire les villes" syriennes.

Le régime de Bachar al-Assad, confronté à une rébellion armée depuis trois ans, qualifie de "terroristes" tous les insurgés, quelle que soit leur appartenance.

Le ministre irakien des Affaires étrangères, Hoshyar Zebari, qui participe à la réunion ministérielle, a été reçu par le numéro trois du régime saoudien, le prince Moqren Ben Abdel Aziz, deuxième vice-président du Conseil des ministres, pour un échange de vues sur "les développements de la situation dans la région", selon l'agence officielle saoudienne Spa.

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