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Kosovo: les Serbes retirent une barricade installée depuis trois ans à Mitrovica

18/06/2014 12:27 EDT | Actualisé 18/08/2014 05:12 EDT

Les Serbes du Kosovo ont retiré mercredi matin une barricade installée il y a trois ans pour empêcher l'accès des Kosovars albanais dans la partie serbe de Mitrovica divisée, geste hautement symbolique illustrant une détente dans les relations entre les deux communautés.

Haute de deux mètres, cette barricade, un remblai renforcé de blocs de béton, était installée depuis juillet 2011 à la sortie serbe du pont qui enjambe la rivière Ibar, frontière naturelle entre la partie serbe et albanaise de cette ville.

Elle a été enlevée tôt dans la matinée à l'aide d'un bulldozer, a rapporté une journaliste de l'AFP.

La barricade avait été érigée pour marquer le refus des Serbes de reconnaître les autorités de Pristina, qui ont proclamé unilatéralement en 2008 l'indépendance du Kosovo de la Serbie.

La circulation routière sur le pont s'est déroulée sans encombre jusque dans l'après-midi. La circulatiuon routière a, par la suite, été bloquée par des bacs contenant des sapins posées par des employés de la partie serbe de la municipalité à la sortie serbe du pont.

Les piétons, en revanche, peuvent traverser le pont s'ils le souhaitent, selon une journaliste de l'AFP.

Selon le maire de la partie serbe de Mitrovica, Goran Rakic, il s'agit du début de la construction d'un "parc de la paix", ajoutant que "partout dans le monde les ponts sont construits pour unir les gens".

Le geste est néanmoins interprété comme une tentative d'apaiser le mécontentement de certains habitants de la partie serbe de Mitrovica, suite au retrait de la barricade.

"Nous tendons la main à nos voisins albanais, dans l'espoir qu'ils ne vont pas interpréter notre geste comme un signe de faiblesse et qu'ils ne vont pas abuser de notre confiance", a déclaré M. Rakic dans un communiqué.

"Au lieu de monter la garde éternellement, nous pensons qu'il est mieux que nos enfants jouent ensemble dans ce parc", a-t-il ajouté.

Sous la houlette de l'Union européenne, la Serbie et le Kosovo ont conclu en avril 2013 à Bruxelles un accord historique visant à la normalisation de leur relations, mises à mal par le conflit serbo-kosovar de 1998-99 et par la proclamation d'indépendance du Kosovo que Belgrade refuse de reconnaître.

Depuis, encouragés par Belgrade, les 120.000 Serbes du Kosovo, mais surtout les 40.000 d'entre eux qui vivent dans le nord - région limitrophe de la Serbie, où ils sont majoritaires et où Pristina n'exerce pratiquement aucun contrôle -, ont donné plusieurs signes encourageants à l'égard de Pristina C'était le cas début juin lorsqu'ils ont participé pour la première fois à des élections législatives kosovares.

Le Premier ministre kosovar, Hashim Thaçi, a salué le retrait de la barricade qualifié de conséquence logique de la mise en oeuvre de l'accord de Bruxelles.

Dans la partie serbe de Mitrovica, la décision des autorités locales ne faisait pas l'unanimité parmi les Serbes.

"Nous n'avons plus de protection maintenant", a dit Dragoslav Vicentijevic, un retraité.

"Je me sentais bien plus en sécurité lorsque la barricade était en place", a renchéri Danijela, une économiste.

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