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Irak: les - délicates - options de Barack Obama

18/06/2014 06:34 EDT | Actualisé 18/08/2014 05:12 EDT

Depuis près d'une semaine, Barack Obama planche sur la réponse américaine à l'avancée fulgurante des jihadistes sunnites en Irak. Passage en revue des différentes options, toutes délicates, qui s'offrent au président des Etats-Unis.

1 - TROUPES AU SOL

Barack Obama a clairement affiché la couleur : "Nous ne renverrons pas de troupes américaines au combat en Irak".

Le retrait des troupes des deux conflits dans lesquels les Etats-Unis ont été engagés pendant une décennie - Afghanistan et Irak - est une composante centrale de la politique étrangère d'Obama. Un retour en arrière apparaît impensable.

Le sujet fait l'objet d'un relatif consensus au Congrès et il n'y a pas d'appétit au sein de la population américaine pour renvoyer des troupes en Irak, où Washington a englouti des dizaines de milliards de dollars et où près de 4.500 soldats américains ont perdu la vie.

2 - FRAPPES AERIENNES AVEC AVIONS DE COMBAT

Aux Etats-Unis, de nombreuses voix s'élèvent, en particulier chez les républicains, pour réclamer des frappes aériennes, fortes et rapides. "Il faut faire parler la puissance aérienne américaine" a lancé le sénateur Lindsey Graham.

Le ministre irakien des Affaires étrangères, Hoshyar Zebari, a annoncé mercredi que Bagdad avait "officiellement" demandé à Washington de mener des frappes aériennes contre les jihadistes.

Les avions de chasse F-18 pourraient décoller à partir du porte-avions USS George H.W. Bush qui a été déployé dans le Golfe persique.

Si de telles frappes ne nécessitent pas la présence d'importantes troupes au sol, les experts soulignent qu'elles ne pourront se faire sans des "yeux sur les terrains", d'autant que les jihadistes opèrent dans des zones très peuplées, ce qui augmente le risque de victimes civiles.

Ce week-end, 170 militaires ont été déployés à Bagdad pour protéger l'ambassade des Etats-Unis. Une centaine d'autres, appartenant probablement aux forces spéciales, déployés dans la région, sont prêts à intervenir et pourraient jouer un rôle crucial pour "guider" d'éventuelles frappes.

3 - FRAPPES LIMITEES ET CIBLEES AVEC DRONES

Depuis son arrivée à la Maison Blanche, Obama a toujours affiché sa préférence pour des actions militaires très ciblées, par drones interposées, que ce soit au Yémen, au Pakistan ou à travers l'Afrique.

Une nouvelle fois, il pourrait choisir cette voie. Mais le contexte est différent.

"Au Yémen, les Etats-Unis visent quelques leaders clairement identifiés. En Irak, le défi est bien plus important. Il n'est pas acquis que des tirs de drones permettent de faire une différence significative", explique Daniel Byman, de la Brookings Institution, qui met en avant "l'extrême difficulté d'identifier les cibles".

Pour l'utilisation de drones Reaper ou Predator, Washington aurait en outre besoin de l'autorisation des pays à partir desquels ils pourraient décoller: Koweït, Qatar ou encore Emirats arabes unis, qui n'ont aucune confiance dans le gouvernement irakien.

4 - LA VOIE DIPLOMATIQUE

Deux ans et demi après le retrait des dernières troupes américaines, la Maison Blanche ne cache pas sa frustration croissante face au régime du Premier ministre irakien Nouri al-Maliki, militant chiite de longue date qui a ignoré tous les appels en faveur d'un gouvernement mutli-ethnique.

La Maison Blanche martèle que les Etats-Unis ne s'engageront pas dans une action militaire en l'absence de progrès politiques.

"Sans effort politique, toute action militaire à court terme, y compris une aide que nous pourrions apporter, sera vouée à l'échec", a lancé Barack Obama. Mais sa marge de manoeuvre apparaît très limitée.

"Le président a raison d'encourager les réformes mais Maliki a mis en place un système qui exclut ses rivaux des responsabilités et qui divise dans l'objectif de renforcer son propre pouvoir. Il sera difficile de le convaincre de changer de voie", souligne Daniel Byman.

Une coopération avec l'Iran a par ailleurs été évoquée. Mais elle se heurte à de nombreux obstacles et toute coopération militaire entre Washington et Téhéran est exclue à ce stade.

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