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Indonésie: "Dolly", célèbre quartier chaud d'Asie, c'est fini

18/06/2014 11:21 EDT | Actualisé 18/08/2014 05:12 EDT

"Dolly", un des plus grands quartiers chauds d'Asie du Sud-Est, a été déclaré fermé mercredi soir par les autorités en Indonésie, en dépit des protestions de centaines de prostituées qui vont se retrouver sans emploi.

Pour protester contre cette décision, des prostituées ont bloqué plus tôt dans la journée les accès à "Dolly", quartier aux rues étroites où de nombreuses femmes aguichent la gent masculine devant des bâtiments délabrés et les portes de bars karaoké, où ces activités étaient tolérées depuis des décennies à Surabaya, deuxième ville d'Indonésie, le plus grand pays musulman au monde.

Mais la maire portant le voile a lancé une croisade contre les lieux de prostitution à Surabaya depuis son arrivée au pouvoir en 2010 et avait fixé la date du 18 juin pour vider Dolly de ses prostituées, provoquant un mouvement de contestation.

Une déclaration lue par 160 habitants affectés par la fermeture des lieux décidée par la mairie indique que cette mesure vise à "lutter fermement contre le trafic d'êtres humains, contre ceux qui commettent des actes indécents et utilisent des bâtiments pour des activités immorales".

Les autorités ont cependant fait savoir que 12 bordels pourraient continuer à opérer jusqu'à la fête de l'Aïd-el-Fitr, fin juillet, marquant la rupture du jeûne du mois du ramadan.

Au cours de la manifestation, des prostituées le visage recouvert d'une cagoule noire avec le slogan "Rejetez la fermeture du quartier chaud!" ont bruyamment défilé contre la décision de Tri Rismaharini, surnomée Risma, la première femme maire de cette ville, a constaté un correspondant de l'AFP à Surabaya, sur l'île de Java.

"Faites frire Risma! Faites frire Risma!", ont crié les prostituées en tapant dans des poêles et des casseroles, craignant de se retrouver sans travail ni revenu.

Les autorités ont proposé à chacune des quelque 1.400 prostituées de "Dolly" une indemnité et une formation pour se reconvertir dans la boulangerie ou la fabrication de jouets, mais beaucoup pensent que ce sera insuffisant, à l'image de Yuni, 38 ans.

"Je veux assurer l'avenir de mes deux fils, et seulement après je serai heureuse, alors ne me demandez pas d'arrêter", a lancé la prostituée qui pratique ce métier depuis 15 ans.

Mais la maire qui avait déclaré vouloir "libérer la population de l'oppression" des prostituées a reçu le soutien d'habitants et de groupes religieux de Surabaya.

Le prédicateur Azis Aris a déclaré devant quelque 600 musulmans qui assistaient dans la journée à une prière, que son groupe, les Brigades musulmanes, feraient en sorte que plus aucun bordel ne soit ouvert après la déclaration officielle de la maire.

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