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En Thaïlande, une "hotline" pour dénoncer les moines bouddhistes indélicats

18/06/2014 09:09 EDT | Actualisé 18/08/2014 05:12 EDT

Les autorités religieuses bouddhistes ont lancé en Thaïlande une ligne téléphonique pour permettre au public de dénoncer les comportements indélicats des moines, après de récents scandales impliquant des religieux.

Le Bureau national du bouddhisme a expliqué que l'idée de cette "hotline" était née après que le chef de la junte, le général Prayut Chan-O-Cha, se fut montré inquiet de l'image du bouddhisme, religion qui compte quelque 95% de pratiquants en Thaïlande, soit l'un des taux les plus élevés du monde.

"Nous avons déjà mis en place cette ligne téléphonique pour recevoir les plaintes des gens s'ils voient quoi que ce soit qui peut mettre en danger notre religion", a précisé Napparat Benjawattananant, un responsable du Bureau, évoquant de faux religieux collectant l'aumône quotidienne ou de vrais moines impliqués dans des "choses irréligieuses".

Selon son organisation, la Thaïlande compte quelque 270.000 moines. "Nous n'avons pas assez de personnel pour surveiller chaque moine, alors nous devons mobiliser le public", a souligné Napparat, promettant que les plaintes reçues par téléphone seraient suivies d'action.

Le clergé du royaume a été frappé récemment par une série d'affaires impliquant des moines, les médias locaux rapportant notamment des cas d'usage de drogue, d'ivresse, de paris et de recours à des prostituées.

En septembre dernier, les autorités avaient saisi pour plusieurs centaines de milliers d'euros de biens, notamment une Porsche, appartenant à un moine bouddhiste défroqué.

Wiraphon, connu comme Luang Pu Nen Kham, son nom de moine, avait d'abord suscité la polémique avec la diffusion d'une vidéo le montrant avec d'autres religieux dans un jet privé. Il est également accusé d'avoir eu il y a plusieurs années des relations sexuelles avec une mineure qui l'accuse d'être le père de son fils.

Le mois dernier, cinq moines à la tête de monastères avaient été arrêtés et défroqués, accusés de violences sexuelles sur huit enfants dans le nord du pays.

"Il y a eu beaucoup d'affaires concernant de mauvais comportements de moines, alors nous voulons résoudre le problème", a commenté Werachon Sukondhapatipak, un des porte-parole de la junte qui a pris le pouvoir le 22 mai.

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