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USA: la Cour suprême va devoir trancher sur les deux exécutions prévues mardi

17/06/2014 08:05 EDT | Actualisé 17/08/2014 05:12 EDT

Deux exécutions programmées mardi soir en Géorgie et dans le Missouri étaient suspendues au verdict de la Cour suprême américaine, sept semaines après la longue agonie d'un condamné à mort de l'Oklahoma qui a entraîné la suspension des exécutions dans le pays.

Si elle est maintenue, l'exécution de Marcus Wellons, qui était initialement programmée à 19H00 (23H00 GMT) au pénitencier de Jackson (Géorgie, sud-est), sera la première depuis celle de Clayton Lockett, qui a succombé dans d'apparentes souffrances le 29 avril en Oklahoma (sud).

La haute Cour a reçu l'ultime recours de Marcus Wellons, meurtrier d'une adolescente, à l'heure où il devait être exécuté, a-t-on appris auprès d'un porte-parole. Le prisonnier pourrait mourir par injection létale dès que le feu vert de la Cour suprême sera donné, s'il est donné.

Dans le Missouri (centre), l'exécution de John Winfield est prévue sur un délai de 24 heures mercredi à compter de 00H00 locales (05H00 GMT). Condamné à mort pour le meurtre de deux femmes, John Winfield a également fait appel devant la haute Cour.

Comme en Oklahoma, la Géorgie et le Missouri sont dotées d'une loi qui garde secrète l'intégralité de la procédure d'injection létale et protège l'identité des fabricants et des fournisseurs des produits.

La Géorgie utilise l'anesthésiant pentobarbital, apparemment fabriqué par un préparateur en pharmacie non homologué au niveau fédéral. Mais "nous n'avons pas suffisamment d'informations sur le lieu où ils se procurent le pentobarbital, ce qui est un gros problème", explique à l'AFP l'experte Deborah Denno de la Fordham University. "La législation sur le secret de l'injection létale nous interdit l'accès aux informations dont nous avons besoin", déplore-t-elle, "nous ne savons même pas comment sera composée l'équipe procédant à l'exécution".

En Oklahoma, Clayton Lockett a péri 43 minutes après l'injection d'un nouveau cocktail létal, contre une dizaine de minutes habituellement. L'autopsie a montré que le personnel en charge de l'exécution n'avait pas réussi à poser l'intraveineuse et, après plusieurs essais infructueux, avait perforé la veine fémorale. "Cela montre que ces personnes ne savent simplement pas ce qu'elles font, qu'elles ne sont pas qualifiées", a encore dénoncé cette experte de l'injection létale.

Une troisième exécution est prévue mercredi à 22H00 GMT en Floride (sud-est).

"Ces trois exécutions seront les premières depuis l'exécution désastreuse de l'Oklahoma qui a déclenché un tollé", a déclaré Richard Dieter, directeur du Centre d'information sur la peine capitale. Pourtant, "l'enquête sur cette exécution est loin d'être terminée et le réexamen national de toutes les procédures est à peine commencé. Conduire d'autres exécutions apparaît précipité tant qu'on n'en sait pas plus sur ce qui a mal tourné en Oklahoma et comment y remédier", a-t-il dit à l'AFP.

Marcus Wellons, 58 ans, a été condamné à mort pour le meurtre en 1989 d'une adolescente de 15 ans, voisine et proche copine du fils de sa compagne. Cet Afro-Américain l'avait enlevée alors qu'elle se rendait à l'école, violée et étranglée avec un fil de téléphone, avant d'en camoufler le corps nu et scarifié, dans une zone boisée à proximité.

John Winfield, 43 ans, également noir, et réputé prisonnier modèle, avait tiré sur son ancienne compagne qu'il avait rendue aveugle, et mortellement blessé la soeur et une amie de celle-ci lors d'une descente meurtrière à l'appartement de la victime apparemment motivée par la jalousie.

chv/bdx

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