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Le pétrole recule à New York avant les stocks mais surveille l'Irak

17/06/2014 03:14 EDT | Actualisé 17/08/2014 05:12 EDT

Les prix du pétrole ont reculé mardi à New York, pénalisés par des attentes d'une hausse des réserves de brut aux Etats-Unis, en dépit d'une situation de plus en plus chaotique en Irak.

Le baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en juillet, a reculé de 54 cents, à 106,36 dollars, sur le New York Mercantile Exchange (Nymex).

Le marché se positionne avant les "chiffres hebdomadaires sur les réserves de pétrole aux Etats-Unis" du département de l'Energie américain (DoE), à paraître mercredi matin, "qu'on attend en hausse", a expliqué Carl Larry, de Oil Outlook and Opinions.

Une hausse de ces stocks est généralement considérée comme un mauvais signe pour la demande du premier consommateur de brut de la planète.

D'autre part, les opérateurs procédaient à des prises de bénéfices après avoir engrangé de nets gains au cours des dernières séances.

Les cours du brut américain s'étaient hissés vendredi à leur plus haut niveau depuis septembre, le marché observant avec nervosité l'avancée fulgurante des insurgés islamistes dans le nord-ouest du pays.

Un apaisement relatif des craintes sur l'offre et le rythme des exportations irakiennes avait aussi provoqué à l'ouverture un petit mouvement de ventes sur le marché.

"La situation en Irak reste très tendue mais la très grande majorité de la production pétrolière est dans le sud du pays et apparaît pour l'instant relativement hors de danger", a expliqué Bob Yawger, de Mizuho Securities.

En effet, "il apparaît peu probable que les insurgés sunnites parviennent à s'emparer de ces territoires où ils n'ont aucun soutien, contrôlés par une population chiite", a-t-il continué.

Il n'empêche, "dès que le marché aura digéré les chiffres sur les réserves de brut américaines, le marché se remettra en mode haussier" au vu d'une situation de plus en plus hors de contrôle sur le terrain, a estimé Carl Larry.

En effet, selon lui, si l'offre irakienne ne semblait pas immédiatement menacée, "les craintes sont désormais concentrées sur l'instabilité politique en Irak et l'éventuelle fuite des capitaux étrangers qui provoqueraient de facto des perturbations dans le processus de production et d'exportation d'or noir" dans le pays.

Après avoir conquis en l'espace d'une semaine de vastes zones dans le nord et le centre de l'Irak, dont la deuxième ville du pays, Mossoul, les insurgés jihadistes se sont emparés de la plus grande partie de la ville stratégique chiite de Tal Afar (nord), selon un responsable gouvernemental qui a fait état mardi de plusieurs dizaines de morts dans les combats.

Evoquant une "résurgence dramatique de la violence", l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a jugé que de gros risques pesaient sur la production pétrolière irakienne, alors même que le pays est censé fournir une part significative de l'offre supplémentaire attendue sur le marché d'ici 2019.

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