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France: un ancien collaborateur de Sarkozy entendu par la brigade anticorruption

17/06/2014 04:50 EDT | Actualisé 17/08/2014 05:12 EDT

Un responsable de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012, Jérôme Lavrilleux, a été entendu puis relâché mardi soir après avoir été interrogé dans le cadre de l'affaire Bygmalion, une affaire de fausses factures qui secoue le parti de droite UMP et compromet le retour en politique de l'ancien président.

"Jérôme Lavrilleux a été entendu sous le régime de la garde à vue de 9H00 à 21H00" ce mardi à Nanterre, a précisé son avocat, Me Leborgne. La levée de garde à vue a été confirmée à l'AFP de source judiciaire.

Cette garde à vue a été menée par les enquêteurs de l'Office anticorruption (Oclciff) de la police judiciaire dans le cadre d'une enquête préliminaire du parquet de Paris, a indiqué à l'AFP une source judiciaire.

Longtemps homme de l'ombre de Jean-François Copé - qui a dû démissionner de la présidence de l'UMP à la suite de cette affaire - Jérôme Lavrilleux était aussi directeur adjoint de la campagne présidentielle de 2012 de Nicolas Sarkozy.

M. Lavrilleux avait reconnu le 26 mai, en direct sur le plateau de BFM TV, que cette campagne avait donné lieu à "un dérapage sur le nombre" de meetings et qu'un système occulte avait été mis en place pour éviter d'exploser le plafond autorisé des frais de campagne, soit environ 22,5 millions d'euros.

Ce système consistait pour la filiale de l'agence de communication Bygmalion, Event and Cie, à facturer indûment à l'UMP des dépenses qui auraient dû entrer dans les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy, pour 10 à 11 millions d'euros, selon l'avocat de Bygmalion, Me Patrick Maisonneuve.

Le média en ligne Mediapart a publié mardi qu'en réalité les dépenses engagées auprès de Bygmalion se sont élevées à 21,2 millions d'euros alors qu'officiellement, la trésorerie de campagne de Nicolas Sarkozy n'a versé qu'environ 4,3 millions d'euros.

Les enquêteurs cherchent à savoir qui était au courant d'un tel système au sein de l'équipe de campagne, à l'UMP, voire à l'Elysée.

Selon une source proche du dossier, les policiers disposent déjà d'une clé USB qui révèle la double comptabilité pratiquée par Bygmalion sur les 44 meetings où la société est intervenue. Toujours selon cette source, le patron d'Event and Cie, Franck Attal, a confirmé aux enquêteurs le système mis en place.

En revanche le directeur général de l'UMP Eric Cesari, et le directeur de campagne de Nicolas Sarkozy, Guillaume Lambert, réfutent fermement avoir été au courant d'un système de fausse facturation.

Jérôme Lavrilleux vient d'être élu député au Parlement européen.

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