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Dette: S&P abaisse l'Argentine après sa défaite face aux fonds "vautours"

17/06/2014 03:08 EDT | Actualisé 17/08/2014 05:12 EDT

L'agence Standard and Poor's a abaissé mardi de deux crans la note de la dette de l'Argentine après sa condamnation définitive à rembourser deux fonds "vautours" dans un litige lié à la faillite du pays en 2001.

Cette décision de la justice américaine "augmente les risques" d'un défaut de paiement argentin, assure l'agence d'évaluation financière américaine dans un communiqué.

En assignant une perspective négative, S&P indique par ailleurs qu'elle n'exclut pas un nouvel abaissement de la note du pays (CCC-) qui s'enfonce dans la catégorie spéculative considérée comme très risquée pour les investisseurs.

A l'issue d'une longue bataille judiciaire, la Cour suprême américaine a entériné lundi la condamnation de l'Argentine à rembourser intégralement deux fonds "vautours" qui refusaient toute négociation sur leur dette et réclamaient plus de 1,3 milliard de dollars.

La quasi-totalité des créanciers du pays avaient, eux, accepté de renégocier leur dette, au prix d'une décote de 70%, mais leur paiement pourrait désormais être bloqué tant que les fonds vautours n'ont pas été remboursés.

Dans son communiqué, S&P établit toutefois une stricte délimitation: selon elle, l'Argentine ne sera considérée en défaut que dans la seule hypothèse où elle ne parviendrait pas à payer ses créanciers coopératifs.

Le non-remboursement des deux fonds "vautours" ne suffira en revanche pas à lui attribuer ce statut redouté par les pays et les investisseurs, précise l'agence dans son communiqué.

Lundi, la présidente argentine Cristina Kirchner a assuré que son pays honorerait ses engagements vis-à-vis de ses créanciers coopératifs tout refusant toute "extorsion".

Selon S&P, l'Argentine dispose de capacités limitées pour rembourser à la fois les fonds vautours et ses autres créanciers.

Selon les experts, le litige autour de la dette argentine pourrait menacer les futures restructurations de dette publique en incitant les créanciers à refuser tout compromis avec les Etats.

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