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Dette : l'Argentine veut négocier avec la justice américaine pour éviter un défaut de paiement

17/06/2014 06:36 EDT | Actualisé 17/08/2014 05:12 EDT

L'Argentine veut négocier avec le juge américain qui l'a condamné à rembourser plus d'un milliard de dollars à deux fonds spéculatifs, une décision que Buenos Aires estime inapplicable car elle pourrait signifier un nouveau défaut de paiement.

"Nous allons envoyer nos avocats pour parler avec le juge (Thomas) Griesa", a déclaré mardi lors d'une conférence de presse le ministre argentin de l'Economie Axel Kicillof. Car, "si le jugement s'applique, l'Argentine se verrait obligée de payer aux fonds vautours non pas 1 milliard de dollars mais 15 milliards, et cela conduirait l'Argentine au défaut de paiement. Mais soyez tranquilles, nous n'arriverons pas à ce stade", a-t-il ajouté.

Le jugement de la Cour d'appel de New York, que la Cour suprême des Etats-Unis a refusé lundi de remettre en cause, stipule que l'Argentine doit verser 1,4 milliards de dollars à deux fonds spéculatifs.

Mais si le pays sud-américain procède à ce paiement, les autres fonds spéculatifs ayant refusé les restructurations de la dette argentine en 2005 et 2010 pourraient exiger le même traitement et c'est 15 milliards de dollars supplémentaires que pourrait avoir à régler l'Argentine.

Or un remboursement aussi important serait impossible à l'heure où la banque centrale d'Argentine ne dispose que de 28,5 milliards de réserves en dollars.

Depuis la faillite de 2001, Buenos Aires rembourse progressivement sa dette envers 93% des créanciers privés qui ont consenti en 2005 et 2010 une remise de dette d'environ 70%. Mais les 7% restant, des fonds spéculatifs, ont refusé cet accord et activé l'option judiciaire pour réclamer 100% de la valeur nominale de bons qu'ils avaient achetés à bas prix.

Parallèlement à la volonté de négocier avec le juge, le gouvernement argentin a entamé des démarches pour régler les échéances de la dette restructurée, dont la prochaine de 900 millions au 30 juin, non pas sur le marché de New York comme c'était le cas jusqu'ici, mais à Buenos Aires. Car le jugement controversé oblige l'Argentine a payé les 1,4 milliard aux fonds vautours avant de pouvoir honorer ses autres remboursements.

"Ils veulent mettre au tapis la restructuration de la dette argentine (...) Une clause dans les bons et dans la législation argentine dit que nous ne pouvons pas faire une meilleure offre à un autre créancier", a mis en avant le ministre argentin.

ap/lv

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