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Nouveau gérant de Céline : les défis qui attendent Aldo Giampaolo (PHOTOS)

12/06/2014 04:03 EDT | Actualisé 12/06/2014 04:06 EDT
Courtoisie Productions Feeling

Depuis 24 heures, Aldo Giampaolo répète sur toutes les tribunes que René Angélil demeure le chairman, le président de Productions Feeling, et Céline, la chairwoman. Lui, il sera le CEO (chef de la direction) de l’entreprise et manager associé de la chanteuse. C’est donc dire que, malgré l’annonce, mercredi, de la nomination de Giampaolo à la tête de l’empire bâti par Céline et René, ce dernier garde les deux mains sur le volant, et ce, malgré les ennuis de santé qui l’ont ébranlé dans les derniers mois.

«Le CEO dégage le chairman afin qu’il ait du temps pour récupérer plus rapidement et penser à tous les détails, a expliqué Aldo Giampaolo en entrevue téléphonique avec le Huffington Post Québec, jeudi. La carrière de Céline Dion ne se résume pas à monter sur scène. C’est une compagnie. Elle est sollicitée mondialement à tous les jours pour toutes sortes de choses, des bonnes, des moyennes et des mauvaises. Il faut être capable de faire le ménage là-dedans, et c’est pour ça que René m’a choisi. Pour faire le ménage et gérer son organisation. Moi, ça fait 25 ans que je travaille avec eux. Il y a du bon monde dans l’organisation, sinon, elle ne serait pas où elle est aujourd’hui.»

«Mais, en bout de ligne, c’est le chairman qui décide des grosses orientations. René m’a mis là pour gérer le trafic, là où lui est présentement. Il recule d’un pas, mais le chairman a droit de veto sur tout», a-t-il continué, spécifiant au passage qu’un «CEO s’occupe de tout», autant des chiffres que de l’aspect artistique.

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La carrière de René Angélil en bref


Après Vegas?

Et quelles seront les prochaines orientations à décider dans la carrière de l’idole planétaire? On sait que celle-ci occupera le Caesars Palace de Las Vegas au moins jusqu’en 2019, et entrecoupera son séjour de tournées occasionnelles ici et là dans le monde, comme à Paris-Bercy l’an dernier. Mais après? Rêvera-t-elle de cinéma? D’un autre spectacle permanent, ailleurs sur le globe? Aldo Giampaolo s’intéressera prochainement à toutes les possibilités.

«C’est une discussion que je vais avoir avec Céline et René. Pour le moment, mon défi, c’est de voir où elle va performer, d’intégrer l’organisation comme il faut, de voir comment ça fonctionne, à l’interne, en tournée. Regarder et analyser le support qu’on lui donne tous, pour qu’elle soit à un top niveau. Ça fait partie du travail d’un CEO qui entre dans une compagnie.»

«Le principal business de Céline, c’est d’être sur scène et de chanter, parce qu’elle aime ça. C’est ce qu’elle veut faire. Nous, on va l’entourer et être là pour qu’elle puisse continuer. Elle est là jusqu’en 2019, et il y aura une continuité après. C’est sûr qu’il y aura un développement. Céline est née sur un stage…»

La santé de René

L’amitié entre le clan Dion-Angélil et Aldo Giampaolo ne date pas d’hier. À la fin des années 1980, Giampaolo a été vice-président des opérations du Forum de Montréal, puis, de 1994 à 1996, il a été directeur exécutif de projets au nouveau Forum de Montréal, ensuite rebaptisé Centre Molson, puis Centre Bell. À ce titre, il a élaboré les plans de construction de quatre configurations distinctes à l’intérieur de l’amphithéâtre, maintenant reconnu comme l’un des plus multifonctionnels en Amérique du Nord. Céline Dion a été l’une des premières à s’y produire.

«Céline et René m’ont aidé à faire le théâtre du Forum. Le Centre Bell est versatile, aujourd’hui, parce qu’ils m’ont aidé à faire le schéma que j’avais à ce moment-là. On a commencé ensemble…»

Il y a quatre ou cinq ans, Angélil et Giampaolo dinaient ensemble à New York. Celui-ci était alors directeur général, division nouvelles entreprises du Cirque du Soleil. À ce moment, René Angélil avait informé son bon ami de son intention de lui céder éventuellement les rênes de ses affaires, lui a confié qu’il serait son homme de confiance en cas d’imprévu. Mais ce n’est qu’il y a quelques semaines que l’invitation en bonne et due forme à les rejoindre a été lancée.

«Émotionnellement, ça m’avait vraiment touché, a raconté le principal intéressé. Ça m’a secoué. Céline et René sont des amis, des gens proches de mon cœur. Céline est comme une sœur.»

Et, même si le couple a déclaré il y a quelques mois vouloir mettre la pédale douce sur le travail en raison de la récidive du cancer à la gorge de René, qui a subi l’ablation d’une tumeur en décembre, l’état de santé de l’ex-Baronet n’est pas nécessairement un facteur prédominant dans la décision d’ajouter un allié à leur équipe. Aldo Giampaolo ne sait d’ailleurs pas exactement pourquoi son entrée dans leur entourage se fait aujourd’hui et n’a pas eu lieu plus tôt ou plus tard.

«Peut-être que Céline lui a suggéré qu’il récupérerait plus vite s’ils venaient me chercher tout de suite, a-t-il hasardé. C’est mon feeling, mais je ne sais pas. En rémission d’un cancer, tu as de bonnes et de mauvaises journées. René ne passe pas son temps à regarder le mur! Il va encore jouer au poker…»

Leur plus grande réussite

Aldo Giampaolo entrera en fonction chez Productions Feeling vers le début du mois d’août. Il quittera son poste de président et chef de la direction de QMI Divertissement et Sports le 4 juillet et s’établira ensuite à Las Vegas avec sa conjointe, Marianik Giffard, qui était jusqu’ici vice-présidente opérations et développement chez Productions J, et leurs enfants de cinq ans et trois mois. Aldo Giampaolo est aussi papa d’une grande fille de 32 ans et grand-papa d’un petit-fils.

«J’ai fait le parcours de René Angélil, finalement!», rigole l’homme en parlant de sa petite famille.

D’ailleurs, aux yeux d’Aldo Giampaolo, la plus grande réussite de René Angélil et Céline Dion ne se situe pas au niveau de leurs accomplissements professionnels ou de leur fortune, mais plutôt dans la simplicité qu’ils ont su conserver malgré la gloire et leur connivence exceptionnelle.

«Ils ont établi une complicité à un point tel qu’ils sont maintenant une seule personne, a-t-il souligné. Quand Céline est sur scène, on voit beaucoup de René. On l’a vu dans l’évolution de Céline. Elle était une jeune fille, est devenue femme, puis mère; mais cette évolution s’est faite sur scène, aussi. Céline est tellement naturelle! Ils ont réussi à faire ça, et ce n’est pas faux. Ce n’est pas stagé. On ne l’a pas programmée pour qu’elle soit ainsi, elle est toujours restée naturelle. Sa plus grande réussite, pour moi, c’est ce qu’elle est.»