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Syrie: la libération de prisonniers a commencé après l'amnistie (avocat)

10/06/2014 07:00 EDT | Actualisé 10/08/2014 05:12 EDT

Des dizaines de prisonniers ont commencé à être libérés des geôles syriennes à l'issue de l'amnistie présidentielle décrétée par Bachar al-Assad, a affirmé mardi à l'AFP un avocat des droits de l'Homme.

"Des dizaines de prisonniers de la prison d'Adra ont été libérés lundi et cela se poursuit aujourd'hui", a indiqué Anwar al-Bounni, avocat syrien basé à Damas, à la suite de l'amnistie la plus large décrétée en trois ans de guerre entre régime et rebelles.

Une semaine après sa réélection controversée, M. Assad a annoncé lundi la plus large amnistie depuis le début de la révolte en 2011 et qui devrait concerner, si elle est appliquée intégralement, des dizaines de milliers de prisonniers.

C'est la première fois depuis 2011 qu'une amnistie s'étend à ceux poursuivis pour "terrorisme", terme qui désigne selon le pouvoir de Damas rebelles et militants anti-régime.

C'est également la première fois que le régime offre une amnistie aux combattants étrangers qui se rendent dans un délai d'un mois.

"Le tribunal anti-terroriste et les cours criminelles passent en revue les noms des gens amnistiés et envoient les listes aux différentes prisons", comme Adra et Saydnaya près de Damas, ou celle de Tadmor (Palmyre, est), a précisé l'avocat.

Selon M. Bounni, lui-même ancien prisonnier politique, l'amnistie devrait concerner les personnes déjà jugées et celles, bien plus nombreuses, croupissant sans procès dans les centres de détention des services de renseignement du régime.

"Les services de sécurité ont leurs propres listes", a-t-il indiqué.

Plus de 100.000 personnes sont détenues, dont 18.000 considérées comme des disparus car leurs familles ne connaissent rien de leur sort, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), une ONG syrienne qui s'appuie sur un vaste réseau de militants et de sources médicales et militaires.

Lors des quatre précédentes amnisties, les organisations de défense des droits de l'Homme avaient affirmé qu'en dépit des décrets, beaucoup de détenus n'avaient jamais retrouvé la liberté.

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